Catalogue raisonné

Le catalogue raisonné constitue l’instrument critique, scientifique et juridique suprême du marché de l'art. Par définition, cet ouvrage savant recense de manière exhaustive, méthodique et documentée l’intégralité de la production d’un artiste, qu'il s'agisse de peintures, de sculptures, d'architectures ou d’œuvres graphiques.

Contrairement à un simple catalogue d’exposition ou à une monographie, il examine chaque pièce sous le prisme de son authenticité, de sa provenance, de l'historique de ses expositions et de sa bibliographie critique. Les oeuvres y sont classées par ordre chronologique (période et date), par thématique (les nus, les portraits, les paysages, etc.), ou par type de support. Index et tables viennent consolider l'ensemble et permettre aux lecteurs de retrouver une oeuvre d'art, sa provenance, les lieux de son exposition ou encore les publications où elle figure.

 

 

Catalogue raisonné : les questions fréquentes

 

Histoire des catalogues raisonnés ?

Le premier catalogue raisonné à avoir vu le jour dans l'Histoire de l'Art est celui consacré aux gravures de Rembrandt, compilé par Edme François Gersaint et publié seulement après sa mort en 1751. Le 18e siècle qui s'intéresse déjà beaucoup à la question de la mémoire, ne limite pas la notion de catalogue raisonné aux seuls travaux des artistes pour donner au terme une acception plus large. Le catalogue raisonné est alors synonyme de collection ou d'inventaire. C'est ainsi que l'on publie des catalogues raisonnés de minéraux appartenant à tel ou tel musée ou que paraît le Catalogue raisonné des tableaux du roi avec un abrégé de la vie des peintres en 1754 par François Bernard Lépicié, historiographe en titre de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture.

 

Avec le 19e siècle, le catalogue raisonné limite progressivement son champ d'investigation à la sphère artistique et s'universalise pour exister sous l'appellation "catalogue raisonné" dans les autres langues européennes.

 

Le 19e siècle est aussi  une période où l'on assiste à une progression constante des publications. Dégagé des anciennes guildes et de l'Académie de Saint-Luc, l'Art a gagné ses lettres de noblesse et les artistes une aura dont ils ne se dépareront plus. On citera pour mémoire les catalogues raisonnés de l'Oeuvre de Géricault par Charles Clément publié en 1868, celui de Camille Corot, produit par Alfred Robaut et qui prend appui sur les photographies de Charles Desavary.

 

Le mouvement connaît une véritable explosion dans les années qui suivent l'Impressionnisme. Deux raisons à cela : d'abord parce que se pose très vite la question de l'authenticité des oeuvres alors que certains artistes, à l'image de Corot, sont déjà copiés de leur vivant ; ensuite parce que l'importance prise par les marchands d'art et la spéculation sur la valeur des oeuvres justifie la nécessité d'établir un inventaire précis des oeuvres. Après tout, Paul Gauguin lui-même, travaillant à la Bourse, ne paria-t-il pas sur la valeur des oeuvres de Camille Pissarro, d'Edouard Manet ou d'Edgar Degas, les vendant çà et là comme courtier. Les grandes familles de marchands, à l'image des Wildenstein ou des Rosenberg se sont donc imposés comme de grands producteurs de catalogues raisonnés.

Associations, comités et Fonds de dotation ont, depuis, fréquemment pris le relai, travaillant à l'approche scientifique de l'Oeuvre et validant les oeuvres au sein du Comité afin d'éviter les erreurs ou les fraudes dont l'histoire des catalogues raisonnés est parsemée, comme dans le conflit qui oppose la Mayor Gallery de Londres avec la société en charge de la production du catalogue raisonné d'Agnes Martin au motif qu'ils ont écarté plusieurs oeuvres du catalogue raisonné. Et pourtant, si l'auteur d'un catalogue raisonné conserve sa liberté de choix et d'expression, les enjeux économiques sont de taille. Que dire, du reste, du musée Karel Appel et de la Fondation Keith Haring qui ne produisent plus de certificat ?

 

 

Comment produire un catalogue raisonné aujourd'hui ?

On l'aura compris, la création d'un catalogue raisonné s'apparente à un parcours du combattant. Un travail de longue haleine qui suppose à la fois de réunir des oeuvres d'art souvent éparpillées, mais aussi de disposer d'une documentation et/ou de témoignages permettant d'assurer la traçabilité de l'oeuvre.

Alors que les artistes consignaient autrefois leur production sous la forme de croquis dans des cahiers, le numérique ouvre la voie à un ensemble d'opportunités qui renouvellent le genre. L'infrastructure d'OAM permet de créer un catalogue raisonné numérique réunissant en un seul point toute la mémoire d’un artiste : oeuvres, archives photographiques, papiers, films, sons, etc. mais aussi de stocker toutes ses informations en HD. Avantage considérable également : contrairement aux publications effectuées jusqu'à aujourd'hui, le digital permet de sans cesse revenir au contenu, l'amender, le compléter, l'enrichir. Loin d'attendre une prochaine publication ou un volume additif, le catalogue raisonné continue d'évoluer au gré du travail accompli.

Potentiellement complété de la blockchain, il est également un outil permettant de garantir la validité, la traçabilité d'une oeuvre.

 

OAM propose un accès direct aux versions physiques majeures indispensables aux experts et collectionneurs dans la Librairie d'Art OAM.

 

 

Quelle différence entre un catalogue raisonné et un catalogue d'exposition ?

Le catalogue d'exposition documente une sélection d'œuvres présentées lors d'un événement ponctuel. Le catalogue raisonné vise l'exhaustivité : il recense toute la production d'un artiste, vérifiée et documentée œuvre par œuvre, indépendamment de toute exposition. Une monographie, enfin, propose une lecture critique de l'œuvre sans prétendre à ce recensement complet.

 

 

Que contient la notice d'une œuvre dans un catalogue raisonné ?

Chaque notice réunit au minimum : le titre, la date, la technique, les dimensions, un numéro d'inventaire unique, la provenance (chaîne des propriétaires successifs), l'historique des expositions et la bibliographie où l'œuvre est citée ou reproduite.

 

Qui peut rédiger un catalogue raisonné ?

Un catalogue raisonné est établi par un expert reconnu de l'artiste : historien de l'art, ayant droit, comité d'artiste, fondation ou fonds de dotation. C'est cette autorité qui valide l'inclusion — ou l'exclusion — de chaque œuvre.

 

 

Un catalogue raisonné peut-il être numérique ?

Oui. Un catalogue raisonné numérique offre les mêmes garanties scientifiques qu'une édition imprimée, avec un avantage décisif : il peut être complété et enrichi en continu, au fil des découvertes et des ventes, sans attendre un volume additif. Créer son catalogue raisonné

 

 

Où consulter la liste des catalogues raisonnés existants ?

Le Répertoire international des catalogues raisonnés recense les catalogues raisonnés publiés, numériques et imprimés, par artiste.