Isabelle Le Minh. A Rose is a Rose is the Last Rose of Summer
Isabelle Le Minh, Manoeuvrability, installation Raw Loop, 2023 © Adagp, Paris, 2026
Exposition
Gratuit
Installation
Photographie

A Rose is a Rose is the Last Rose of Summer Isabelle Le Minh

Dates : Dimanche 4 octobre 2026 - Dimanche 20 décembre 2026

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Vernissage : Vernissage Samedi, 3 octobre 2026 - 15:00

Vernissage

Adresse : Centre Photographique d'Île-de-France (CPIF), 107 avenue de la République, Cour de la ferme briarde, 77340 Pontault-Combault

Centre Photographique d'Île-de-France (CPIF)
107 avenue de la République, Cour de la ferme briarde
77340 Pontault-Combault
France

Description, horaires...

À l'occasion du bicentenaire de l'invention de la photographie, et après plusieurs collaborations, le Centre photographique d'Île-de-France consacre à Isabelle Le Minh, artiste reconnue à l'international, sa première exposition monographique dans un centre d'art contemporain francilien.

 

A Rose is a Rose is the Last Rose of Summer revisite de manière décalée l'histoire de la photographie, de son invention jusqu'aux bouleversements actuels. L'artiste y puise matériaux et idées pour construire, dans une démarche conceptuelle à la fois drôle et sensible, un vaste ensemble de tirages, d'installations et de dispositifs divers, où des pièces inédites côtoient des œuvres marquantes de la dernière décennie.

 

Pour Isabelle Le Minh, cette histoire toujours en cours de réécriture n'est pas seulement celle de l'art ou des techniques et des industries : elle nourrit directement ses recherches formelles. La série Traumachromes (2019) montre ainsi Rochester, ville américaine berceau des usines Kodak aujourd'hui fermées, sur de grands tirages sur soie cernés d'un cadre blanc, à mi-chemin entre la diapositive et l'écran. Tirées sur film Kodak, les images conservent les saturations de couleur et les trames apparues par accident lors de leur numérisation, comme un écho au passage au numérique qui a précipité la chute de l'entreprise.

 

Cette histoire économique est aussi sociale : l'artiste s'intéresse aux mains, souvent invisibles, qui font tourner l'industrie photographique depuis son essor. Dans Raw Loop (2023), les mains manucurées des modes d'emploi d'appareils répondent à celles des ouvrières sur les chaînes de montage et aux images de dirigeants, tous des hommes, signant des contrats cigare aux lèvres. Six séries d'images défilent sur des dispositifs rotatifs dont les cliquetis et les ronflements évoquent l'activité d'une usine.

 

Feedback Loop assemble images et éléments tirés notamment des archives de Pentacon, fabricant est-allemand connu pour ses appareils reflex à pentaprisme. S'y glissent des versions détournées de collages de Moholy-Nagy, qui imaginait dès 1923 de traduire une image en données numériques en faisant exécuter un dessin à distance à partir de coordonnées. Sorte de carte mentale du mécanisme optique du reflex et de ses prolongements conceptuels, l'ensemble fonctionne comme une boucle réflexive, foisonnante et facétieuse, d'idées, de références et d'évocations historiques.

 

Le titre obéit à la même logique de boucle. Il combine « A rose is a rose is a rose », phrase tirée d'un poème en prose de Gertrude Stein (1913), et « The Last Rose of Summer », vers du poète irlandais Thomas Moore (1805). Constance Talbot, épouse et assistante d'Henry Fox Talbot, avait reproduit quelques vers typographiés de ce poème dans ce qu'on présente souvent comme la première image photographique réalisée par une femme ; le texte est ensuite entré dans le patrimoine irlandais et a été maintes fois mis en musique. Ce jeu de références, fidèle à la manière dont l'artiste tire le fil d'histoires jugées à tort anecdotiques, évoque à la fois le mouvement cyclique de l'histoire de la photographie et les destins oubliés, parfois effacés, qui ont contribué à l'écrire.

 

L'artiste — Après une première carrière d'ingénieure brevets à Berlin dans les années 1990, Isabelle Le Minh est diplômée de l'École nationale supérieure de la photographie d'Arles. Au début des années 2000, l'arrivée du numérique la conduit à repenser sa position : ne plus utiliser la photographie pour représenter le monde, mais « penser » la photographie, en prolongeant à l'ère numérique une voie réflexive ouverte dans les années 1970. L'histoire du médium, ses objets, ses techniques et ses théories sont depuis au cœur de son travail. Lauréate du prix Jeune Création en 2000 et du prix Révélation livre d'artiste MAD-ADAGP en 2016, résidente à la Villa Kujoyama en 2019 et à la Villa Saïgon en 2024, elle vient de recevoir le prix international de photographie Spectrum 2027. Son travail a été montré aux Rencontres d'Arles, à Paris Photo, au Mois de la Photographie de Montréal, au Centre Pompidou, à la Bibliothèque nationale de France, au musée des Techniques de Dresde, à la Fondation Ehrhardt de Berlin, au Goethe-Institut de Paris, au Frac Normandie Rouen, au CRP/ de Douchy-les-Mines ou à la Maison Rouge. Elle enseigne à la Haute École des arts du Rhin à Strasbourg et est représentée par la galerie Christophe Gaillard.

 

Autour de l'exposition — Navette gratuite depuis Paris (place de la Bastille, 14h15), sur réservation au 01 70 05 49 80 ou contact@cpif.net, pour le vernissage et pour la rencontre avec l'artiste et Christian Joschke le samedi 28 novembre à 15h. Sam'di en famille les samedis 10 octobre, 14 novembre et 12 décembre de 15h à 16h (gratuit, sur inscription). Ateliers « En un clin d'œil » pour les 7-12 ans les jeudis 22 et 29 octobre de 15h à 17h (7 €, sur réservation).