Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne
Vincent van Gogh, Autoportrait à l'oreille bandée, janvier 1889, huile sur toile, 49,5 x 44,2 cm, collection particulière. © Peter Schälchli | Paul Gauguin, Trois Tahitiens, 1899, huile sur toile, 73 x 94 cm, National Galleries of Scotland. © National Galleries of Scotland, Dist. GrandPalaisRmn
Exposition
Payant
Aquarelle
Céramique
Gouache
Livre d'Artiste
Peinture

Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur. Icônes de l'art moderne Exposition collective

Dates : Vendredi 9 octobre 2026 - Lundi 8 mars 2027

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Adresse : Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris

Fondation Louis Vuitton
8 avenue du Mahatma Gandhi
75116 Paris
France

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Description, horaires...

Après avoir consacré son cycle « Icônes de l'art moderne » à de grands collectionneurs comme Sergueï Chtchoukine, Mikhaïl et Ivan Morozov ou Samuel Courtauld, la Fondation Louis Vuitton poursuit son enquête sur les pionniers de la modernité en mettant à l'honneur une figure longtemps négligée : Gustave Fayet (1865-1925).

 

L'exposition occupe la totalité des galeries de la Fondation et s'organise en deux parties, l'une consacrée au collectionneur, l'autre au créateur. Ce double regard fait apparaître la cohérence d'une trajectoire où l'acte de collectionner, la création et l'engagement en faveur des artistes ne cessent de se nourrir mutuellement, et restitue la place d'un acteur majeur du tournant du siècle aujourd'hui tombé dans l'oubli.

 

Il s'agit d'un événement inédit : pour la première fois depuis cent ans, plus de 250 œuvres de sa collection, désormais dispersée aux quatre coins du monde, sont à nouveau rassemblées. Elles côtoient 325 réalisations de Fayet lui-même, en grande partie jamais exposées et restaurées spécialement pour l'occasion.

 

Le visiteur découvre ainsi 10 toiles de Vincent van Gogh, 78 œuvres de Paul Gauguin et 88 d'Odilon Redon, auxquelles s'ajoutent des peintures et des pastels d'Edgar Degas, Paul Cézanne, Henri de Toulouse-Lautrec, Pierre-Auguste Renoir, Berthe Morisot, Paul Signac, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Henri Matisse.

 

Aboutissement de plusieurs années de recherches, le projet a reçu le concours de 64 institutions internationales et de 71 collections privées.

 

Collectionneur passionné, artiste prolifique, entrepreneur hors pair et visionnaire des arts décoratifs, Gustave Fayet compte parmi les plus ardents découvreurs et défenseurs de l'avant-garde de son époque. Il est l'un des tout premiers à acquérir des œuvres de van Gogh et à montrer Picasso ; il aménage même, en plein Paris, un véritable « musée Gauguin » riche de près de 200 pièces, où se retrouvent artistes et grands amateurs du moment. Proche de Redon, dont il admire profondément le travail, il lui commande un vaste décor, longtemps resté confidentiel, pour son abbaye de Fontfroide dans le Midi.

 

« À l'énumération de votre collection, je vois que je suis en compagnie de maîtres, et cela me rend heureux, mais aussi bien timide. […] Enfin, il y a donc des hommes qui savent apprécier la peinture. » — Paul Gauguin, lettre à Gustave Fayet, mars 1902

 

Au-delà d'une collection de plus de 740 œuvres majeures (sans compter les estampes), Fayet s'impose dans la seconde moitié de sa vie comme un créateur dont la réussite marque les arts décoratifs du début du XXe siècle. Tour à tour peintre, aquarelliste, céramiste, décorateur, dessinateur de tapis, de tissus et de papiers peints, illustrateur de livres, il appartient à cette génération qui veut que l'art imprègne chaque aspect de l'existence. Présentées dans les galeries et les salons les plus en vue, ses créations séduisent des personnalités comme Paul Poiret, Jacques Doucet ou Jeanne Lanvin. De l'Art nouveau à l'Art déco, il prend part à l'élaboration d'un nouvel art de vivre qui abolit la frontière entre beaux-arts et arts décoratifs ; chez lui, collectionner et créer procèdent d'un seul et même mouvement.

 

Première manifestation internationale d'ampleur dédiée à cette personnalité à bien des égards précurseure, l'exposition révèle un monde d'une grande richesse et ouvre un chapitre neuf de l'histoire de l'art moderne et des arts décoratifs du début du XXe siècle, avec au total 740 œuvres et documents répartis entre ses deux volets.

 

La collection, sur trois niveaux de la Fondation

 

Plus de 250 œuvres signées notamment van Gogh, Gauguin, Redon, Degas, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Renoir, Morisot, Signac, Bonnard, Vuillard et Matisse, dont plusieurs sont montrées pour la première fois en France.

 

L'Autoportrait à l'oreille bandée de Vincent van Gogh. Temps fort du parcours, ce tableau fait son retour en France, où il n'avait plus été vu depuis 1937 ; il n'avait par ailleurs été prêté à aucune exposition depuis 1990. Réalisé au lendemain de la brouille violente entre van Gogh et Gauguin, il montre un peintre meurtri mais déterminé à poursuivre son œuvre. Il est mis en regard de l'Autoportrait à la palette de Gauguin, confrontant pour la première fois deux conceptions radicales de l'artiste moderne.

 

Trois chefs-d'œuvre de Gauguin. Le Christ jaune (1889, Buffalo AKG Art Museum), le Portrait de l'artiste au Christ jaune (1890-1891, musée d'Orsay) et Le Calvaire breton (1899, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles) sont réunis. Ils ont appartenu à Fayet et à ses amis George-Daniel de Monfreid et Maurice Fabre, trois collectionneurs méridionaux liés par une même ferveur pour Gauguin. Ces trois variations sur l'autoportrait composent un ensemble exceptionnel qui atteste du rôle déterminant de Fayet dans la reconnaissance du peintre.

 

Le Jour, La Nuit et Le Silence d'Odilon Redon. Autre moment clé : le décor peint par Redon pour la bibliothèque de l'abbaye cistercienne de Fontfroide, que Fayet acquiert en 1908 afin de la restaurer et d'en faire une « œuvre d'art totale », et où les panneaux sont toujours conservés. Ces véritables testaments artistiques du peintre sont présentés au grand public pour la première fois. L'amitié et l'œuvre du symboliste ont ouvert à Fayet la voie d'un art de la suggestion et de la spiritualité, qui irrigue sa propre production.

 

Le créateur, au dernier étage : un patrimoine restauré et révélé

 

Pour la première fois sont rassemblées 55 céramiques, 19 mises en carte, 90 aquarelles sur papier buvard, 15 peintures, pastels et gouaches ainsi que 18 livres illustrés, parmi lesquels les 72 planches dessinées d'après Mireille, le poème provençal de Frédéric Mistral, et son album-testament Fleurs.

 

Cette seconde partie explore, avec la même nouveauté, les nombreuses facettes d'un artiste et entrepreneur dont l'œuvre protéiforme échappe à toute catégorie. D'abord paysagiste, Fayet trouve dans la variété de l'Art nouveau puis de l'Art déco un immense terrain d'expérimentation pour sa curiosité sans limite. Il s'engage peu à peu dans tous les champs des arts décoratifs : céramique, décoration, tapis, tissus, papiers peints, livres illustrés, jusqu'à la fondation d'une maison de mode — une abondance qui évoque le « touchatouisme » cher à Jean Cocteau.

 

Longtemps introuvables, dispersées ou méconnues, ces créations sont enfin réunies. Elles témoignent d'une énergie libre et résolument moderne, où couleur, motif et invention entrent en dialogue avec les grands mouvements de l'époque, et mettent en lumière un pan essentiel et ignoré de l'histoire des arts décoratifs.

 

Héritier du symbolisme fin de siècle, Fayet participe au renouvellement de l'intérieur moderne des Années folles à travers ses deux entreprises, la Maison Della et l'Atelier de la Dauphine. Qu'il commande des vitraux à Richard Burgsthal pour Fontfroide ou conçoive lui-même le décor de ses maisons d'Igny, de La Dragonne et de Costebrune, il cultive une fantaisie qui tempère la rigueur géométrique des années 1920. Sa marque la plus reconnaissable est un répertoire floral foisonnant, improvisé sur papier buvard avant d'être transposé en tissus, papiers peints ou tapis.

 

Les céramiques avec Louis Paul. En 1896, Fayet crée sa première entreprise d'arts décoratifs : associé au peintre et sculpteur Louis Paul (1858-1922), ancien élève de Rodin, il installe à Béziers un atelier de grès qui produit plus d'une centaine de pièces jusqu'en 1904, et expose jusque chez Siegfried Bing à Paris en juin 1898.

 

Les aquarelles sur papier buvard. Vers 1912, après une interruption de près de dix ans, Fayet revient à la peinture profondément transformé. Aux paysages languedociens maîtrisés de ses débuts succèdent des formes insolites, peintes chaque jour à l'aquarelle sur buvard : des fleurs qui émergent d'un espace indéfini, à la limite de l'abstraction. Ces motifs deviennent rapidement sa signature, déclinée ensuite en papiers peints, tissus et tapis.

 

Les tapis de l'Atelier de la Dauphine. Fondé à Paris en 1920, l'atelier traduit en tapis les motifs de ses « buvards ». Végétaux et affranchis de toute géométrie, ces tapis connaissent un succès immédiat auprès de Jeanne Lanvin, Jacques Doucet ou Léon Losseau. Pensés comme des tableaux, ils sont montrés au Salon d'Automne, au Pavillon de Marsan (Louvre) et à l'Exposition internationale de 1925.

 

D'importantes restaurations. La Fondation Louis Vuitton a conduit pour l'exposition de vastes campagnes de restauration, notamment sur les tapis conçus pour la Maison Léon Losseau à Mons (Belgique), chef-d'œuvre de l'Art nouveau, et sur un ensemble de mises en carte préparatoires révélant une production remarquable. Une dizaine de robes liées à ses relations avec Paul Poiret, Jacques Doucet et Jeanne Lanvin ont également été identifiées et restaurées.

 

« Plus de lignes géométriques, plus de symétrie, plus de bouquets de fleurs se répétant [...] mais de la fantaisie. Nous n'en mettrons jamais assez de la fantaisie dans nos œuvres. » — Gustave Fayet, « Causerie sur les tapis », 1924

 

La Fondation dévoile ainsi un territoire oublié de l'art moderne et des arts décoratifs : l'univers d'un homme dont l'existence semble tout entière résumée par le mot de son ami André Suarès, « Il a tout fait avec art ».

 

Commissariat et scénographie

 

Commissaire générale invitée, Sylvie Patry, conservatrice générale du patrimoine et spécialiste reconnue de l'art de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, dirige également le catalogue consacré à la collection ; elle est assistée de Yulia Kokurkina et Michèle Kieffer. Angeline Scherf, conservatrice à la Fondation Louis Vuitton et commissaire associée, est responsable de la section consacrée au créateur et du catalogue correspondant ; elle est assistée de Cordélia de Brosses et Charlotte Lange.

 

Directeur artistique de l'exposition, Robert Carsen signe une scénographie sensible et immersive pour ce parcours hors norme de plus de 767 œuvres et archives réparties en 28 sections dans l'ensemble des galeries. Jouant sur les ambiances, les couleurs et l'architecture des salles, il fait ressurgir les mondes de Fayet — ses demeures, ses lieux de vie, ses collections, ses créations. Les séquences successives éclairent tour à tour le collectionneur, le commanditaire, le créateur et l'entrepreneur, tout en révélant l'unité profonde de son regard, en privilégiant l'évocation plutôt que la reconstitution.

 

Publications et programmation

 

Deux ouvrages coédités avec Gallimard sont consacrés au collectionneur et au créateur. Une base de données en libre accès répertorie les quelque 740 œuvres et la centaine d'estampes identifiées à ce jour dans la collection Fayet. Un symposium international prolonge ce travail de recherche, et une programmation musicale rappelle les liens de Fayet avec les compositeurs de son temps.

 

Exposition réalisée en collaboration avec l'Association Musée d'Art Gustave Fayet Fontfroide, avec le soutien exceptionnel du musée d'Orsay et la participation exceptionnelle de la Bibliothèque nationale de France.

 

Tarifs : de 0 € à 36 €.