Gerhard Richter. Overpainted Photographs
Gerhard Richter, Overpainted Photographs, 2026-2027, vue de l'exposition, La Tour, Galerie Principale, LUMA Arles, France. © Victor & Simon / Grégoire d'Ablon
Exposition
Payant
Peinture
Photographie

Gerhard Richter. Overpainted Photographs Gerhard Richter

Dates : Vendredi 1 mai 2026 - Dimanche 10 janvier 2027

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Adresse : LUMA Arles, Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo, 13200 Arles

LUMA Arles
Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo
13200 Arles
France

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Description, horaires...

Gerhard Richter est l'un des artistes les plus influents de notre temps. Son œuvre n'a cessé de reformuler les rapports entre peinture, photographie et perception.

 

Les Overpainted Photographs occupent une place à part dans cette pratique. Entamée à la fin des années 1980, la série réunit deux composantes majeures — et souvent opposées — de son travail : la photographie et le geste pictural. Intervenant directement sur de petits tirages, Richter applique peinture à l'huile, vernis ou émail, qu'il étale, gratte, presse ou fait glisser sur l'image. Ce qui en résulte n'est ni tout à fait une photographie ni tout à fait une peinture, mais une forme hybride où les deux médiums se trouvent profondément altérés.

 

De petit format, ces œuvres n'en sont pas moins radicales. La photographie, habituellement tenue pour un document, une trace ou un enregistrement fidèle du visible, se voit déstabilisée par la peinture, médium tactile, opaque et contingent par nature. Richter ne cherche ni à illustrer l'image ni à la magnifier : il lui impose une intervention matérielle qui brouille sa lisibilité et suspend son autorité. Sur la surface texturée coexistent alors révélation et dissimulation, accident et décision, intimité et distance.

 

L'artiste puise fréquemment dans ses propres archives : portraits de famille, paysages, vues urbaines, clichés de vacances — des images ordinaires, liées à sa vie privée et à ses observations quotidiennes. Une fois repeintes, elles quittent le registre du souvenir intime. La peinture n'efface pas complètement l'image sous-jacente et ne se borne pas à la recouvrir : elle réoriente le regard et instaure un rapport nouveau entre ce qui reste visible et ce qui est occulté. L'image devient instable, ouverte, incertaine.

 

L'exposition réunit également des photographies des séries Grauwald (2008) et Museum Visit (2011), deux méditations distinctes sur l'acte de regarder qui prolongent les Overpainted Photographs. Dans Grauwald, des clichés pris dans une forêt proche du domicile de l'artiste sont voilés de laque grise, qui fait du paysage un espace de distance, d'instabilité et d'introspection ; la nature y semble suspendue entre présence et disparition. Dans Museum Visit, Richter observe le musée lui-même et suit le parcours du public à travers la Tate Modern au fil d'une journée : des voiles de blanc et de couleurs vives enregistrent les variations d'activité et transforment l'espace d'exposition en un champ animé où se croisent perception, mémoire et expérience collective.

 

Les procédés participent pleinement du sens de ces œuvres. Beaucoup sont réalisées avec des restes de peinture prélevés sur ses toiles abstraites, appliqués au gré du geste, par pression ou grattage. L'image finale naît autant d'une intention que de contingences, de l'interaction imprévisible entre peinture et photographie. C'est précisément ce hasard maîtrisé qui leur donne leur force.

 

Les Overpainted Photographs cristallisent les questions qui traversent toute la pratique de Richter : l'instabilité de la représentation, les limites de la perception, la difficulté à démêler image et croyance. Elles rappellent que le regard n'est jamais neutre et que toute image reste exposée à la transformation, à l'interférence et au doute. À une époque de circulation, de saturation et de manipulation permanentes des images, leur acuité demeure remarquable. L'exposition offre une occasion rare de les saisir dans leur ensemble et d'en mesurer l'importance, dans l'œuvre de Richter comme dans l'art contemporain.

 

Exposition organisée par : Vassilis Oikonomopoulos, directeur artistique, et Hans Ulrich Obrist, conseiller général.

 

L'artiste — Gerhard Richter naît à Dresde en 1932. Il y étudie la peinture murale à la Hochschule für Bildende Künste de 1951 à 1956, puis quitte la RDA en 1961 pour Düsseldorf, où il suit la classe de peinture de K. O. Götz à la Kunstakademie jusqu'en 1964. Dix ans plus tard, il y devient professeur de peinture, poste qu'il occupe jusqu'en 1994. Dès 1962, encore étudiant, il élabore sa propre pratique, d'abord à partir de modèles photographiques, avant d'étendre son travail à une grande diversité de registres abstraits. Son œuvre complexe comprend peintures, objets, dessins, aquarelles, éditions et multiples, auxquels s'ajoutent, depuis 1986, les photographies surpeintes. Celles-ci, de petit format, naissent d'un dialogue et d'une confrontation entre stratégies visuelles figuratives et abstraites, en lien étroit avec son œuvre picturale : après sa journée de travail sur les grandes toiles, Richter passe les photographies à travers la peinture encore fraîche restée sur la raclette. Lorsqu'il annonce la fin de son travail de peintre en 2017, il met aussi un terme à cette pratique. Il vit et travaille à Cologne.

 

Lieu : La Tour, Galerie Principale, niveau -2.

 

Visite commentée « Au fil des expos : Gerhard Richter et Stan Douglas », tous les lundis, mercredis, vendredis et dimanches à 14h30.

 

Horaires : ouvert tous les jours de 10h à 19h.