Archives Hans Ulrich Obrist, Chapitre 6 : Zaha Hadid. « Je pense que l'expérimentation ne devrait pas avoir de fin » Zaha Hadid
Dates : Vendredi 1 mai 2026 - Mercredi 31 mars 2027
Adresse : LUMA Arles, Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo, 13200 Arles
LUMA Arles
Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo
13200 Arles
France
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Description, horaires...
Le sixième chapitre des Hans Ulrich Obrist Archives marque les dix ans de la disparition de Dame Zaha Hadid (née le 31 octobre 1950 à Bagdad, en Irak, morte le 31 mars 2016 à Miami, en Floride).
Il rend hommage à une architecte visionnaire qui a déplacé l'horizon de l'architecture contemporaine en faisant de la peinture abstraite une méthode d'invention spatiale. Issue d'une famille irakienne libérale et laïque, Hadid étudie les mathématiques à l'American University of Beirut avant de gagner Londres et d'intégrer l'Architectural Association en 1972. Là, dans l'orbite de Rem Koolhaas et d'Elia Zenghelis, elle explore les expériences avortées, non réalisées ou insuffisamment éprouvées du modernisme et de l'avant-garde russe, et fait du dessin et de la peinture abstraite ses cadres d'investigation. Projection axonométrique, multiplicité des points de vue, ligne calligraphique et superposition de couches d'acrylique lui servent à pousser l'architecture au-delà de l'inertie de la géométrie euclidienne, bien avant que des logiciels avancés ne permettent d'en coordonner une telle complexité.
L'exposition revient sur le long dialogue noué entre Hans Ulrich Obrist et cette architecte de légende. Il s'amorce à la fin des années 1990, lorsque Obrist invite Hadid à réaliser Meshworks dans le cadre du cycle La Ville, le Jardin, la Mémoire à la Villa Médicis, en 2000. Au fil de leurs rencontres à Londres, Bâle, Munich et Paris au début des années 2000, l'échange devient une enquête au long cours sur la ville, le musée et l'horizon inachevé de l'urbanisme du XXIe siècle. Hadid siège au conseil d'administration de la Serpentine dès 1996 et y conçoit le premier Pavilion en 2000, à l'invitation de Julia Peyton-Jones. Après la nomination d'Obrist à la Serpentine en 2006, elle participe à plusieurs Marathons, revient avec son installation Lilas, inaugurée lors de la Summer Party de 2007, puis Zaha Hadid Architects signe la Serpentine North Gallery et son restaurant, The Magazine (2009-2013).
Les distinctions qui saluent son élargissement du langage architectural sont nombreuses — prix Pritzker en 2004, dont elle est la première femme lauréate, prix Stirling en 2010 et 2011, titre de Dame Commandeur de l'Empire britannique en 2012, médaille d'or royale du RIBA en 2016. Sa double consécration, dans la sphère architecturale comme dans la sphère muséale, n'en est pas moins frappante : de son vivant, ses projets, installations, peintures et dessins font l'objet de grandes rétrospectives au SFMOMA de San Francisco (1998), au MAK de Vienne (2003), au Solomon R. Guggenheim Museum de New York (2006) et au State Hermitage Museum de Saint-Pétersbourg (2015). Bien avant ces honneurs, Hadid consacre une large part du début de sa carrière à se construire une réputation d'architecte théoricienne, faisant de la toile un laboratoire où l'architecture éprouve des formes, des mouvements et des mondes qu'elle ne sait pas encore bâtir.
Pour la première fois depuis l'exposition posthume Zaha Hadid: Early Paintings and Drawings, présentée par la Serpentine en 2016, cette exposition majeure de LUMA Arles réunit ses premières peintures calligraphiques et ses carnets — exercices de géométrie suprématiste qui nourrissent ses projets construits, de son premier bâtiment achevé, la caserne de pompiers Vitra (1988-1993) à Weil am Rhein, à la tour CMA CGM (2004-2011) à Marseille et à Pierresvives (2002-2012) à Montpellier. Présentée à La Tour, au Parc des Ateliers, conçue par le regretté Frank Gehry, ami proche de Hadid, elle déploie trois chapitres liés de sa trajectoire : du constructivisme à ses premiers projets et à leur réception en France, jusqu'à sa relation au long cours avec Obrist. Peintures, dessins, archives, heures d'entretiens vidéo inédits réalisés entre 2001 et 2013 et affiches conçues par ses pairs et par celles et ceux qui l'admirent révèlent l'ampleur d'une pratique qui se déploie avec la même intensité entre architecture, art, publications et discours. Hadid y apparaît non seulement comme une bâtisseuse de monuments, mais aussi comme une infatigable philosophe de l'espace.
En étroite collaboration avec la Zaha Hadid Foundation.
Direction artistique : Vassilis Oikonomopoulos, directeur artistique, LUMA Arles. Commissaires : Hans Ulrich Obrist, conseiller général, et Arthur Fouray, curateur et archiviste, assistés de Lucas Jacques-Witz, assistant archiviste.
L'architecte — Zaha Hadid (1950-2016) fut l'une des architectes les plus influentes de son temps, mondialement reconnue pour avoir redéfini les frontières de l'architecture et des arts visuels. Née à Bagdad, elle étudie les mathématiques à l'Université américaine de Beyrouth avant d'intégrer l'Architectural Association de Londres, où le prestigieux Diploma Prize lui est décerné en 1977. En 1979, elle fonde son agence et remporte en 1983 le concours très disputé du Peak Leisure Club à Hong Kong. Sa première réalisation bâtie, la caserne de pompiers Vitra à Weil am Rhein, est achevée en 1993. Constituée en société en 1999, l'agence Zaha Hadid Architects signe ensuite des projets majeurs : Centre d'art contemporain de Cincinnati (1997-2003), centre des sciences Phaeno à Wolfsburg (1999-2005), musée MAXXI à Rome (1998-2009), Centre aquatique de Londres (2005-2011/14), centre Heydar Aliyev à Bakou (2007-2012), Galaxy Soho à Pékin (2008-2012). Parallèlement, elle enseigne tout au long de sa carrière, à l'Architectural Association, à Columbia, Harvard, Yale et à l'Université des arts appliqués de Vienne. Première femme lauréate du prix Pritzker en 2004, première femme à recevoir à titre individuel la médaille d'or royale du RIBA en 2015, lauréate du prix Stirling en 2010 et 2011, elle est nommée Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique en 2002 puis élevée au rang de Dame en 2012 pour services rendus à l'architecture.
Lieux : La Tour, Galerie des Archives Vivantes et Galerie du Cerisier, niveau -2.
Horaires : ouvert tous les jours de 10h à 19h.