Un catalogue raisonné pour Francesco Marino di Teana

Echapper au destin

Le chemin vers la gloire
Précédant de quelques années les Julio Le Parc, Horacio Garcia Rossi ou encore Francisco Sobrino, Francesco débarque à Paris en 1952. Une vie de misère à dormir sur les bancs publics en rêvant à son oeuvre. C'est une femme, Huguette Séjournet, sa future compagne, qui lui fera prendre un tournant décisif. Elève de Fernand Léger, Huguette est aussi amie avec Vasarely. Elle le pousse à rencontrer Denise René. Timide, Francesco a rangé quelques maquettes de son travail dans une boîte à chaussures. Denise René ne prête d'abord pas attention à l'ouvrier qui s'est présenté devant elle avant de découvrir avec stupéfaction le travail du sculpteur. Nous sommes en 1957. Francesco Marino di Teana rejoint l'écurie d'artistes de la galerie de Saint Germain des Prés qui compte déjà Victor Vasarely bien sûr, mais aussi Dewasne, Deyrolle, Domela, Gilioli, Gorin, Hartung, Herbin, Mortensen, Poliakoff, etc. Elle lui organise sa première exposition personnelle. Les succès s'enchaînent : le 1er Prix du concours Sculpture pour une usine organisé par saint Gobain où il est choisi par Giacometti Zadkine, Poliakoff et Seuphor, le musée d'Art Moderne de la ville de Paris, des expositions en Chine, au Japon, aux Etats unis. Pour autant, Francesco restera humble toute sa vie.
Francesco Marino di Teana nous laisse des oeuvres monumentales en acier corten dans l'espace public, dontLiberté, la plus grande sculpture d'Europe. Avec ses 20 mètres de haut, elle ouvre la voie à Bernar Venet et Richard Serra. En guise de testament, il nous livre aussi sa théorie tri-unitaire, un théorème artistique et plastique, intégrant le vide à la sculpture. Elle lui permet d'écrire 1+1 = 3. Merci à Pythagore et Teana !
