Monika Emmanuelle Kazi – terrain meuble Monika Emmanuelle Kazi
Dates : Samedi 19 septembre 2026 - Dimanche 1 novembre 2026
Vernissage : Vernissage Samedi, 19 septembre 2026 - 16:00
Adresse : Centre culturel suisse. Paris, 32 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris
Centre culturel suisse. Paris
32 rue des Francs-Bourgeois
75003 Paris
France
Description, horaires...
L'exposition s'intéresse à la façon dont les lieux que nous habitons continuent de nous modeler. Monika Emmanuelle Kazi y ravive des espaces domestiques et des souvenirs familiaux marqués par une expérience diasporique, entre Pointe-Noire, en République du Congo, où elle a grandi, et Paris.
Pour terrain meuble, l'artiste transforme le Centre culturel suisse en une architecture façonnée par la mémoire : un ensemble de cloisons mobiles occupe l'espace et sert de surface de projection à des histoires de famille, des traces d'enfance et des récits plus larges – héritages coloniaux, échanges économiques, circulation des matières premières.
Les matériaux de construction jouent un rôle central. Le ciment, introduit en Afrique à l'époque coloniale pour bâtir durablement, a peu à peu supplanté des matériaux locaux mieux adaptés au climat ; en empêchant l'air et l'humidité de circuler, il laisse sur les murs des auréoles de condensation que Kazi lit comme des dessins ou des cristallisations de mémoire. Les bois tropicaux exportés vers l'Europe reviennent quant à eux dans ses œuvres sous forme de marqueterie, révélant d'autres circulations de matières, de valeurs et d'histoires.
Le titre évoque la mobilité, l'instabilité et l'humidité d'un sol toujours en mouvement, un écosystème que partage l'installation : les panneaux de bois sont perforés pour laisser voir leur structure et du sable s'écoule par les interstices. Pyrogravure, marqueterie de sapelli et fragments de papier peint y inscrivent des récits intimes et transcontinentaux.
Née en 1991 en région parisienne, formée d'abord à l'architecture d'intérieur puis à la HEAD – Genève, Monika Emmanuelle Kazi vit entre Genève et Paris. Elle a forgé en 2015 la notion d'« iso-objet » pour désigner la manière dont les éléments du quotidien deviennent des images standardisées avec lesquelles le corps compose. Elle a récemment exposé au Palais de l'Athénée (Genève), au MASI (Lugano), chez Tunnel Tunnel (Lausanne) et à la Kunsthalle Friart (Fribourg), et a reçu le Bally Artist Award (2024) et le Prix spécial d'art Kiefer Hablitzel Göhner (2021).
Commissariat : Claire Hoffmann, Élise Lammer et Gioia Dal Molin. Coproduction avec Halle Nord (Genève) et Haus für Kunst Uri (Altdorf). Entrée libre.
Du mardi au dimanche, de 14h à 19h ; les soirs de spectacle, ouverture jusqu'au début de la représentation.