Monet, peindre le temps
Claude Monet, Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte, 1899. Musée d'Orsay, legs comte Isaac de Camondo, 1911. © GrandPalaisRmn (musée d'Orsay) / Stéphane Maréchalle
Exposition
Payant
Huile
Peinture

Monet, peindre le temps Claude Monet

Dates : Mercredi 30 septembre 2026 - Lundi 25 janvier 2027

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Adresse : Musée de l'Orangerie, Jardin des Tuileries, Place de la Concorde (côté Seine), 75001 Paris

Musée de l'Orangerie
Jardin des Tuileries, Place de la Concorde (côté Seine)
75001 Paris
France

Tarifs

Tarif plein
12,5 €
Tarif réduit
10 €

Lien de réservation

Description, horaires...

Pour le centenaire de la mort de Claude Monet (1840-1926), le musée de l'Orangerie consacre une exposition au rapport de son œuvre au temps. Dès les années 1870, Monet passe pour l'impressionniste par excellence — alors qu'il n'a participé qu'à cinq expositions du groupe. Sa peinture en résume les traits : exécutée le plus souvent en plein air, d'une touche vive, dans des accords clairs qui fixent l'impression d'un instant. Puis elle bifurque vers l'un des prolongements les plus singuliers du mouvement : les séries des années 1890 — Cathédrales, Meules, Peupliers — où le peintre dissèque le temps, jusqu'aux Nymphéas, testament qui dépasse la fragmentation de la série pour rejoindre le continu.
 

Près de quarante toiles, issues surtout du musée d'Orsay et du musée Marmottan Monet, complétées par des prêts publics et privés, français et étrangers, jalonnent ces étapes, avec un accent particulier sur le cycle des Nymphéas. Sous cet angle nouveau, nourri de plusieurs champs de recherche, l'exposition relit une œuvre dont la portée, un siècle plus tard, reste essentielle.
 

L'Orangerie, qui abrite les grandes décorations des Nymphéas — cette « Sixtine de l'impressionnisme » selon André Masson en 1952 —, était le lieu naturel de ce projet. L'ensemble, conçu comme un environnement, couronne l'ultime période de Monet. Le parcours suit trois temps : l'accélération du monde et la modernité de la période impressionniste, la saisie de l'instant par les séries, puis les Nymphéas et la tentative de peindre la durée. Monet répond ainsi aux bouleversements que son siècle impose à la perception du temps — vécu, ressenti, mais aussi visible dans la transformation des villes et des paysages. Le XIXe siècle multiplie les horloges dans l'espace public, synchronise l'heure, invente le chemin de fer ; la peinture impressionniste de Monet se veut, en écho, de plus en plus instantanée.
 

Passées les expositions impressionnistes, il explore les effets de la lumière sur un même motif à différentes heures. C'est en Normandie qu'il développe ses grandes séries : Meules (1888-1891), Peupliers au bord de l'Epte (1891-1892), Matinées sur la Seine (1896-1897), Cathédrale de Rouen (1892-1898). Il y pousse la logique de l'instant jusqu'à fragmenter le temps pour en saisir l'essence. En 1895, les Cathédrales exposées chez Durand-Ruel sont pour Clemenceau « une révolution sans coup de fusil » (La Justice). Monet rejoint ainsi la fascination de son époque pour l'observation minutieuse, presque scientifique, du monde.
 

Dans les années 1890 s'ouvre le dernier cycle, celui des Nymphéas, qui l'occupera jusqu'en 1926 : plus de deux cent cinquante toiles sur un seul sujet, couronnées par les deux salles construites pour les grands panneaux offerts à la France au lendemain de l'armistice de 1918 et inaugurés en 1927, un an après sa mort. Tout y concourt à envelopper le spectateur dans l'œuvre, au plus près de la durée au sens de Bergson.
 

Commissariat : Cécile Girardeau, conservatrice en chef, et Sophie Eloy, attachée de collection, musée de l'Orangerie.
 

Exposition organisée par le musée de l'Orangerie et la Tate Modern, avec le soutien exceptionnel du musée Marmottan Monet et de l'Académie des beaux-arts. Elle sera présentée à la Tate Modern, Londres, du 25 février au 27 juin 2027.
 

Ouvert tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi. Nocturnes exceptionnelles le vendredi de 18h à 21h pendant l'exposition.