Musée d’Orsay — Legs Antonin Personnaz, 1937 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Franck Raux
Mary Cassatt. L'indépendante Mary Cassatt
Dates : Mardi 6 octobre 2026 - Dimanche 31 janvier 2027
Adresse : Musée d'Orsay, Esplanade Valéry Giscard d'Estaing, 75007 Paris
Musée d'Orsay
Esplanade Valéry Giscard d'Estaing
75007 Paris
France
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Description, horaires...
Pour le centenaire de sa disparition, le musée d'Orsay offre à Mary Cassatt (1844-1926) sa première grande exposition dans un musée national français. L'événement était attendu : pilier du groupe impressionniste, l'artiste n'avait jamais eu droit à une telle rétrospective en France. L'occasion de mesurer la place qu'elle s'est taillée, par son talent et sa volonté, dans l'histoire de l'art des deux côtés de l'Atlantique, entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe.
« Américaine, nettement et franchement américaine », disait-elle d'elle-même. Elle a pourtant d'abord puisé chez les maîtres anciens, étudiés au cours de ses voyages européens, avant de devenir une figure clé de l'impressionnisme en France, où elle a passé soixante ans. « Je suis indépendante ! Je peux vivre seule et j'aime travailler » : c'est ce mot d'indépendance, qu'elle revendiquait avec fierté et qui a guidé toute sa vie, que le parcours chrono-thématique choisit comme fil conducteur.
Près de 80 tableaux, pastels et estampes couvrent l'ensemble de sa carrière. Des lettres inédites et des sources jusqu'ici inexploitées renouvellent la lecture de l'œuvre. Y figurent des pièces rarement montrées de collections européennes, publiques et privées, ainsi que des peintures et pastels américains qui sortent peu des États-Unis.
Les œuvres de jeunesse et les portraits de ses proches montrent comment son milieu, ses voyages et sa culture de l'art ancien ont formé sa pratique. Soucieuse d'autonomie — d'abord à la demande de sa riche famille — elle s'installe vite dans son propre atelier et paie ses modèles. Dans un monde d'hommes, traversé de nationalismes, elle s'impose rapidement comme peintre professionnelle.
Ses jeunes femmes élégantes, en visite, au salon ou au théâtre — conquérant le monde moderne et leur liberté — comptent parmi ses réussites les plus éclatantes. Ces images vives et audacieuses se font remarquer aux expositions impressionnistes, auxquelles elle participe quatre fois à partir de 1879, à l'invitation de son ami Edgar Degas. Sa contribution à ces manifestations d'avant-garde, qui se disaient elles-mêmes « indépendantes », est ici réexaminée.
Son indépendance passe aussi par le marché. Elle se spécialise dans les « mères à l'enfant », genre très demandé où elle excelle et qui reste attaché à son nom, tout en honorant des commandes de portraits. Quelques œuvres rappellent son rôle de conseillère : c'est elle qui guide famille, amis et relations américaines dans leurs achats, impressionnistes notamment, et contribue ainsi à former les grandes collections des États-Unis.
Au début des années 1890, ses revenus lui permettent d'acheter un château dans l'Oise. Son parc devient le décor de scènes de plein air lumineuses, aux couleurs vibrantes, peuplées de femmes et d'enfants. Modern Woman, décor monumental commandé pour le Pavillon de la Femme de l'Exposition universelle de Chicago en 1893, marque un sommet de sa carrière. Cette œuvre disparue de 4 × 18 mètres, unique par sa taille comme par son sujet, est évoquée par des estampes et pastels qui s'y rattachent et par un film de restitution numérique. Sa série des Dix Planches en couleurs est relue à la lumière de cette période très expérimentale et de ses idées progressistes sur l'éducation des femmes.
Son combat pour l'indépendance dépasse enfin sa propre trajectoire. Partisane du droit de vote des femmes, elle presse ses contemporains d'« œuvrer pour le suffrage, car ce sont les femmes qui décideront de la question de la vie ou de la mort d'une nation ». En 1915, avec son amie Louisine Havemeyer, elle organise à New York une exposition au profit de cette cause. Quelques toiles qui y furent montrées closent le parcours : chez cette pionnière, l'art et l'action se rejoignent dans l'engagement.
Commissariat : Caroline Corbeau-Parsons, conservatrice arts graphiques et peinture, musée d'Orsay ; Anne Robbins, conservatrice peinture, musée d'Orsay ; Sarah Moulden, senior curator of 19th Century Collections, National Portrait Gallery, Londres ; Erica Hirshler, Croll senior curator of American Paintings, Museum of Fine Arts, Boston.
Exposition organisée pour les 40 ans du musée d'Orsay, en partenariat avec la National Portrait Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston.
Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 21h45. Fermé le lundi.