Laura Lamiel – ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable
Vue de l'exposition « ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable » de Laura Lamiel, Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2026. © Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier. Photo : Nicolas Brasseur. © Adagp, Paris, 2026
Exposition
Payant
Installation
Technique mixte

Laura Lamiel – ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable Laura Lamiel

Dates : Mercredi 4 mars 2026 - Lundi 21 septembre 2026

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Adresse : Bourse de Commerce – Pinault Collection, 2 rue de Viarmes, 75001 Paris

Bourse de Commerce – Pinault Collection
2 rue de Viarmes
75001 Paris
France

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Description, horaires...

Invitée à investir les vingt-quatre vitrines du Passage — la galerie circulaire qui ceinture la Bourse de Commerce — ainsi que la Salle des machines, Laura Lamiel (née en 1943 en France) y déploie un ensemble d'installations conçues spécialement pour le lieu, dans lesquelles la lumière et la couleur occupent une place centrale. Jouant des zones d'ombre et des éclairages ciblés, l'artiste agence des formes délicates et vulnérables, faites d'objets glanés et de matériaux classés selon diverses taxonomies. Construites sur un principe de tension, ces pièces entraînent le visiteur dans une recherche d'ordre métaphysique : rendre tangible ce qui échappe ou s'évapore, qu'il s'agisse de la mémoire, des émotions ou des états intérieurs.

 

Le titre de la présentation, ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable, rythmé et chargé d'images, donne le ton. Il est emprunté à En attendant Godot, la pièce emblématique du théâtre de l'absurde de Samuel Beckett : dans ce passage, Estragon et Vladimir cherchent tour à tour à nommer, décrire ou se représenter un son, peut-être un simple bruit, à peine perceptible voire imaginaire. Ce son, à la fois réel et intérieur, sensoriel et poétique, fait écho au paysage visuel que Laura Lamiel compose ici.

 

Si Beckett se sert du langage pour en montrer l'épuisement, Laura Lamiel s'appuie sur la matière pour mettre les objets en tension et en révéler les contradictions, un travail qui, selon elle, exige du temps pour faire dialoguer les écarts entre les choses. Ses installations reposent sur ce va-et-vient entre épuisement et relance : chacune naît de la rencontre entre des éléments décalés, fragments du réel et traces de l'expérience vécue. L'artiste cherche à créer des situations de présence, des moments de suspension et de vacillement, où le visiteur cesse d'être un observateur distant pour devenir une conscience attentive à l'infime, au frémissement, au détail doté d'un fort pouvoir d'évocation.

 

Dans ces vitrines, vestiges de l'ancienne Halle au Blé, Laura Lamiel poursuit son travail sur les « cellules », des dispositifs qu'elle développe depuis les années 1990 et qui interrogent l'espace d'exposition, le regard et la mise en scène de l'intime. Ouvertes, souvent faites de parois blanches, de plaques de verre et de miroirs sans tain, ces structures rappellent de façon troublante le principe même de la vitrine muséale.

 

D'une vitrine à la suivante, des motifs, des matériaux et des couleurs reviennent : chaussures d'enfant, gants, chaises, poudre d'ardoise, tissus compressés, manteaux en coton hydrophile, briques émaillées, ou encore une phrase dactylographiée sur du linge, « rien n'est à faire tout est à défaire ». Ces retours ravivent la mémoire des œuvres antérieures et installent une composition presque musicale, où ce qui s'achève à un endroit reprend ailleurs, comme une respiration ininterrompue.

 

La lumière constitue l'autre pilier de son œuvre. Les tubes fluorescents montrent autant qu'ils voilent les objets qu'ils accompagnent. Certaines compositions, laissées en partie dans la pénombre, sont traversées d'une ligne lumineuse qui ouvre un passage. Loin de se limiter à éclairer, la lumière organise l'espace, dessine des zones de transition et fait jouer la tension entre présence et absence, entre surface et profondeur. Les surfaces s'animent, les matériaux prennent du relief, portés par la volonté de l'artiste de faire surgir à la fois la clarté et l'ombre, et de laisser affleurer non seulement ce qui est là, mais aussi ce qui demeure en réserve, en attente. Ces contrastes passent aussi par les matières elles-mêmes : peintures noires voisinant avec des manteaux de coton d'une blancheur absolue, tranches dorées de missels empilés.

 

Laura Lamiel élabore ainsi des paysages en suspens, où l'œil circule entre reflets, transparences et opacités. La lumière y convoque le temps, l'usure et le souvenir, et fait coexister traces du passé et structures actuelles dans un même champ sensible, où chaque écart devient visible et où le moindre détail pèse autant que l'ensemble. Véritable matériau sculptural, elle révèle des espaces intérieurs et invite à entrer, avec délicatesse, dans le regard de l'artiste. Dans le silence du verre et de la lumière, dans le froissement des matières, persiste un murmure profondément humain.

 

D'après le texte d'Alexandra Bordes publié dans le catalogue de l'exposition.

 

Commissariat : Alexandra Bordes, responsable de projets auprès de la mission curatoriale.

 

Installation présentée dans le cadre de l'exposition « Clair-obscur ».

 

Horaires : tous les jours de 11h à 19h, sauf le mardi. Pas de nocturne le vendredi.

 

Photosgraphies de l'exposition

Visite de l'exposition en photo
Laura Lamiel – ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable
Laura Lamiel – ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable
Laura Lamiel – ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable
Vue de l'exposition « ça fait un bruit d'ailes, de feuilles, de sable » de Laura Lamiel, Bourse de Commerce – Pinault Collection, Paris, 2026. © Tadao Ando Architect & Associates, Niney et Marca Architectes, agence Pierre-Antoine Gatier. Photo : Nicolas Brasseur. © Adagp, Paris, 2026