Infinitif / Repriser le temps Arièle Bonzon
Dates : Samedi 4 juillet 2026 - Dimanche 11 octobre 2026
Vernissage : Vernissage Vendredi, 3 juillet 2026 - 19:00
Adresse : Musée Nicéphore Niépce, 28 quai des Messageries, 71100 Chalon-sur-Saône
Musée Nicéphore Niépce
28 quai des Messageries
71100 Chalon-sur-Saône
France
Description, horaires...
Pour Arièle Bonzon, l'infinitif est un temps qu'on ne conjugue pas. Quant à « repriser le temps », c'est l'idée que reprendre un ouvrage ne revient pas à le refaire à l'identique : la reprise l'emmène toujours plus loin que son état premier.
Tout commence, chez elle, par le regard, dans un temps qui précède la prise de vue et qui n'a ni début ni fin. Regarder, c'est choisir, donc retenir : isoler une image parmi des milliers, un lieu ou un moment du monde. Vient ensuite le fait de laisser cette image dériver auprès d'une ou plusieurs autres, pour ramener au présent des époques et des endroits éloignés, dans l'attente que le chuchotement de ces « photolalies » nous saisisse, nous relâche, puis nous ressaisisse.
L'exposition fait dialoguer des images de la série { Intérieur } de l'artiste — des lieux comme arrêtés dans un temps indéterminé, vides de toute présence mais chargés d'absence, marqués de traces laissées par des existences inconnues — avec des photographies qu'elle a sélectionnées dans les collections du musée Nicéphore Niépce : pièces isolées ou séries de portraits d'anonymes, selon le terme consacré en photographie, elles aussi silencieuses.
Ce besoin de provoquer la rencontre de lieux et d'époques disjoints, et d'écouter ce qui s'en dégage, remonte à l'enfance de l'artiste. Entre les images se tissent des liens parfois sourds et obscurs ; c'est ainsi, en secret, que se forme le récit qu'elles portent, entre elles et nous. Arièle Bonzon les appelle des « boules de temps », à la manière des boules à neige qu'il suffit de retourner puis de reposer pour voir tourbillonner les mots, les silences et les souvenirs devant nos yeux et dans notre mémoire. Une expérience archaïque de réminiscence, qui cherche à poursuivre le temps jusque dans ses derniers refuges.
Le visiteur est ainsi confronté à des temporalités singulières, comme celles que connaît la photographie au moment de la prise de vue ou lors de l'apparition de l'image. Entre le réel que montre l'image et celui de l'objet photographique qui en donne l'illusion, ceux qui acceptent le jeu peuvent plonger dans ces miroirs posés sur le passage du temps. L'artiste parle d'ailleurs d'« attrape-temps » pour nommer ces instants photographiques, tant le temps aime à se jouer de nous.
Décidée à le laisser faire, Arièle Bonzon improvise avec lui sur des partitions écrites pour plusieurs instruments. Elle explore la relation entre l'image immobile de la photographie, l'image en mouvement de courtes séquences filmées et le son envisagé comme une image sonore. L'Attrape-Temps devient alors le lieu où se croisent, se mesurent et se font face le temps photographique, le silence, le son et la durée.
Rencontre avec l'artiste le mercredi 30 septembre 2026 à 18h45, entrée libre sur réservation.
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés, de 9h30 à 11h45 et de 14h à 17h45 (de septembre à juin) ; de 10h à 13h et de 14h à 18h en juillet et août. Entrée libre.