Histoires de familles
Paul Delance, Grève à Saint-Ouen, 1908, Musée d'Orsay, Legs Mlle Alice Delance, 1973 © GrandPalaisRmn (musée d'Orsay)
Exposition
Payant
Peinture
Photographie
Sculpture

Histoires de familles Exposition collective

Dates : Mardi 16 mars 2027 - Dimanche 18 juillet 2027

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Adresse : Musée d'Orsay, Esplanade Valéry Giscard d'Estaing, 75007 Paris

Musée d'Orsay
Esplanade Valéry Giscard d'Estaing
75007 Paris
France

Description, horaires...

La famille du XIXe siècle n'a rien d'un modèle figé : elle change au gré des secousses politiques, sociales et morales du temps. Réglée par le Code civil, portée aux nues par la bourgeoisie, traversée par la première vague féministe et par l'idéal romantique du couple, elle devient un poste d'observation des tensions de la modernité. Les artistes, témoins et acteurs de ces mutations, en donnent des images tour à tour idéalisées, critiques ou franchement ambiguës.
 

Puisant dans les collections du musée d'Orsay, l'exposition réunit peintures, sculptures, photographies, films, dessins et archives pour raconter les manières de « faire famille » en France entre 1848 et 1914. De Degas à Bonnard, de Victor Hugo à Nadar, des Lumière à Alice Guy, de Camille Claudel à Rosa Bonheur, les œuvres parlent d'amour, de filiation, de transmission, de domination, de rivalité ou d'émancipation.
 

Après un prologue sur les liens entre famille et politique, cinq sections thématiques se succèdent. « Home sweet Home » prend la maison comme théâtre de la vie familiale et de l'intimité, des grands portraits de famille de Degas, Tissot ou Bazille aux foyers misérables ou errants saisis par Daumier ou Stevens. La ménagerie de Rosa Bonheur à Thomery et les premiers films montrant des liens affectifs entre humains et animaux esquissent déjà d'autres modèles.
 

« Sois mère et tais-toi » traite de la charge maternelle et des rôles imposés aux femmes. Mères ou nourrices, ouvrières ou artistes, jeunes ou mûres, « vieilles filles » ou aïeules, elles vivent dans leur corps ou leurs fantasmes la grossesse et l'allaitement, la vieillesse et la stérilité, l'adoption, l'abandon, la perte d'un enfant. Les maternités ambivalentes de Berthe Morisot ou la figure fascinante de la comtesse de Castiglione composent une histoire tout sauf simple.
 

« Au nom du père » montre l'omniprésence du patriarcat, sans cesse consolidé par la transmission du nom, de l'autorité et de l'héritage. Les pères tendres qui apparaissent à la fin du siècle, d'Émile Zola à Léopold Chauveau, révèlent aussi le rôle d'objets d'affection — albums photographiques, cylindres phonographiques, peluches — qui incarnent la famille et la font exister.
 

« Attachements fraternels » s'intéresse aux liens horizontaux : solidarités, rivalités, deuils, successions. La querelle des frères Tournachon autour du pseudonyme Nadar, la tendresse entre frère et sœur chez Stevens, les pastels de Redon où le deuil d'un enfant précède la naissance d'un cadet rappellent que la famille est aussi un foyer d'affects contraires.
 

« Les arrangements du couple » examine enfin les compromis entre mariage, amour, désir et convenances. Maurice et Marthe Denis, Bonnard et Maria Boursin, Camille Claudel et Rodin, Monet et Camille Doncieux, Misia Natanson, Verlaine et Rimbaud : unions passionnées, désirs cachés, rapports de force, refus du mariage ou de l'exclusivité, dans une société où les normes conjugales sont discutées, parfois renversées, toujours en mouvement.
 

Souvenirs heureux, secrets douloureux, conflits et attachements : la famille apparaît comme un lieu vivant, traversé de sentiments et d'aspirations contradictoires, en pleine métamorphose. Des cartes blanches confiées à des personnalités d'aujourd'hui font dialoguer ce XIXe siècle dont nous venons avec notre présent : leur regard, sensible ou critique, sur les récits familiaux d'hier parle aussi des familles contemporaines.
 

Commissariat : Servane Dargnies, conservatrice en chef peinture ; Marie Robert, conservatrice en chef photographie et cinéma, musée d'Orsay.
 

Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 21h45. Fermé le lundi.