Charles-Élie Delprat (né en 1987). Anguiano, Rioja, 2026. Fusain et pastel sur papiers teintés et collés sur toile, 97 x 148 cm
©Tony Querrec. Courtesy de l'artiste et Ingert, Paris
Exposition
Gratuit
Dessin
Encre
Fusain

Fragments de mondes Jean-Luc Favéro & Charles-Élie Delprat

Dates : Vendredi 2 octobre 2026 - Vendredi 6 novembre 2026

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Vernissage : Vernissage Jeudi, 1 octobre 2026 - 19:00

Vernissage

Adresse : Ingert, 46 rue Madame, 75006 Paris

Ingert
46 rue Madame
75006 Paris
France

Description, horaires...

S’engouffrer dans un sous-bois, ou embrasser l’horizon par-delà les vallons secs et le ciel tourmenté. Deux voyages proposés par les œuvres de Jean-Luc Favéro et Charles-Élie Delprat, qui sont autant de microcosmes offerts, révélant autant de fragments de mondes insoupçonnés. On pénètre dans les forêts de Favéro comme on ouvre un livre, les arbres saturant la surface des feuillets qu’il utilise. De la même manière, on plonge dans les couleurs profondes et les traits resserrés de Delprat comme on prend son envol depuis une colline, tout exalté de rejoindre les nuages.
 

Si un lien se tisse si naturellement avec ces reliefs accidentés et ces arbres sinueux, c’est peut-être parce qu’ils s’ancrent dans des lieux que les artistes ont contemplés, arpentés, travaillés au corps dans une forme de recueillement. Bien que les artistes rencontrent les paysages avec une même attitude incarnée, proposant des corpus tous deux figuratifs, il n’en reste pas moins que les peintres, séparés par une génération, travaillent dans une temporalité différente. Delprat dessine sur le motif, pendant ses voyages et randonnées. Il retravaille ensuite son impression initiale avec un soupçon de rêverie et une technique plus sophistiquée, comprenant différents papiers teintés et découpés, fins et délicats. Favéro travaille aussi d’après nature, dans un élan plus spontané encore. Il s’« éveille » tous les matins en dessinant un coin de la campagne tarnaise, assis plusieurs heures au pied d’un arbre à l’origine d’un « miracle lumineux » qu’il aura su capter. Favéro s’efforce ainsi de se rendre perméable au monde, s’identifiant au troubadour au sens du « trouveur », en quête de la beauté silencieuse d’une lumière dans un feuillage. Se limitant à l’utilisation de brou de noix et de papiers anciens, l’artiste « aux pieds nus » s’attache à une forme d’économie et de cohérence dans son travail.
 

L’étonnement est premier face à la différence des rendus des deux artistes. Aux touches sépia appliquées par l’un sur ses branchages, répondent les teintes oniriques choisies par l’autre dans ses collages de papiers. L’avancée progressive sous les alcôves feuillues de Favéro propose un écho inverse aux paysages de Delprat, marqués par des panoramas larges, tendus d’un mouvement ascendant. L’un touche au sublime (du latin sublimis, « suspendu dans les airs »), l’autre sans doute plutôt à l’intime. Qu’il s’agisse des circonvolutions dans les ciels de l’un ou des arbres ondoyants de l’autre, un même bouillonnement vital se devine. Les ciels rouges de Delprat, en attente d’une déflagration orageuse, sont chargés d’une intensité aussi grandiose que les grappes de feuilles brunes qui irradient les pages de Favéro. On assiste, émerveillés, au dialogue de ces fragments de mondes qui se réverbèrent et se confrontent, baignés d’une même beauté évidente.
 

Jean-Luc Favéro (né en 1969) vit six mois de l’année dans une ferme du Tarn et passe les six autres dans son camion, à sillonner les routes. Il s’enfonce dans la forêt, à l’écoute du moindre bruissement. Là s’opère une sorte de chimie intérieure, source première de son œuvre dessinée, notamment de ses compositions au brou de noix, reflets d’une cosmogonie foisonnante. Soucieux de ne rien gaspiller, il dessine sur des supports déjà existants, comme d’anciens registres comptables, chinés au hasard des marchés aux puces. En résulte une œuvre saisissante, dont la virtuosité n’a d’égale que la poésie, où l’arbre est honoré dans toute sa splendeur.
 

Charles-Élie Delprat (né en 1987) dessine des paysages. Il les représente, mais aussi les parcourt, les arpente, se laisse travailler par eux. Des vallées, des rues, des aéroports ; des immeubles, des nuages, des champs. Des paysages que l’on pourrait appeler plutôt des ‘vues’ : des images choisies par un regard qui se pose sur les choses et, à un certain moment, s’arrête, retenu par une lumière, attiré par une perspective. Autant de cadrages très précisément ciselés là où un paysage livre un peu de son essence, en même temps qu’il s’offre comme pur motif, assemblage de volumes et de couleurs.

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