Delta
Verena Paravel, Delta, 2026. © Faux Dimanche Films, MDAC Productions, Anna Lena Films
Exposition
Payant
Vidéo
Installation

Delta Verena Paravel

Dates : Vendredi 1 mai 2026 - Mercredi 31 mars 2027

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Adresse : LUMA Arles, Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo, 13200 Arles

LUMA Arles
Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo
13200 Arles
France

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Description, horaires...

Delta est une commande filmique d'envergure passée à l'artiste et cinéaste Verena Paravel, réalisée dans le cadre d'un programme de recherche plus vaste intitulé Cosmofonia.

 

Verena Paravel est l'une des voix les plus singulières du cinéma documentaire d'aujourd'hui. Elle ne cesse d'élargir le champ du possible de la vidéo en éprouvant les limites de la perception et en mettant en doute les manières anthropocentrées d'observer. Sa pratique se tient au croisement de l'anthropologie, de l'écologie et de l'image en mouvement, et propose du monde vivant une approche décentrée, attentive aux relations entre espèces, aux milieux instables et à toutes ces formes de présence qui débordent l'entendement humain.

 

Tourné dans le delta du Rhône, Delta constitue le deuxième volet du prélude à Cosmofonia, film et œuvre sonore en cours d'élaboration qui déplace l'attention du point de vue vers le point d'écoute. L'artiste s'intéresse aux sons que la Terre produit sans qu'on les entende : vibrations infrasonores, résonances sismiques, signaux échangés entre espèces, empreintes acoustiques des activités humaines. La plupart de ces fréquences restent hors de portée de l'oreille. L'œuvre les rend audibles et ouvre par là un champ sensoriel inédit, qui invite à considérer l'environnement non comme un décor mais comme un tissu dense et vivant de relations.

 

La Camargue s'impose comme le terrain de cette recherche. Pendant sa résidence à LUMA Arles, d'octobre 2025 à janvier 2026, Verena Paravel a travaillé avec des spécialistes de l'écologie des zones humides et de la biodiversité acoustique à l'institut de recherche de la Tour du Valat, pour observer comment les espèces se servent du son pour s'orienter, communiquer et tenir dans un milieu mouvant. Salins, roselières, moustiques, amphibiens, oiseaux migrateurs, zones industrielles, étendues sauvages, eaux claires ou troubles : tout cela compose un environnement changeant, à la lisière de la terre et de la mer. Dans Delta, cet entre-deux est à la fois le sujet et la méthode.

 

Hydrophones, vibromètres laser, caméras acoustiques, micros paraboliques, caméras de chasse, instruments d'optique scientifique : l'artiste mobilise tout un appareillage pour construire une expérience sensorielle qui redistribue l'attention à travers le vivant. Cliquetis des crustacés, coassements sous-marins des grenouilles, frottement des roseaux, pression lointaine des interférences humaines sont traités sur le même plan. L'image, de son côté, refuse toute hiérarchie convenue : elle n'isole pas le spectaculaire, n'organise pas le monde autour d'un regard privilégié. Animaux, plantes, racines, courants, branches et scientifiques circulent dans un champ d'attention égalisé où aucune forme de vie ne l'emporte sur une autre.

 

Cette redistribution de la perception n'est pas seulement formelle, elle est éthique. Delta fait du film un médium de contact, une façon d'approcher d'autres modes d'existence sans les rabattre sur des catégories humaines. Le son et l'image deviennent des instruments d'attention, rendant sensible un monde où espèces, corps et milieux sont poreux les uns aux autres, où la vie et la mort passent par des transformations continues. L'œuvre entre ainsi en résonance avec la bioacoustique, l'éco-acoustique et l'acoustémologie, tout en franchissant les frontières disciplinaires pour demander ce que le cinéma est capable d'appréhender.

 

Présentée en projection monumentale de huit mètres de long avec un son multicanal, l'œuvre offre une rencontre immersive avec les réalités multiples de la Camargue. Elle prolonge la réflexion radicale de Verena Paravel sur la redéfinition de la forme documentaire et place Cosmofonia parmi les recherches les plus stimulantes sur la capacité de l'art à nous accorder à un monde fait d'une pluralité de voix, de rythmes et de façons d'habiter la Terre.

 

Exposition organisée par Vassilis Oikonomopoulos, directeur artistique, et Colette Angeli, assistante curatrice. Présentée à La Tour, Galerie Est, niveau 0.

 

Ouvert tous les jours de 10h00 à 19h00.

 

Vidéo de l'exposition

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