Portrait de Joachim Romain réalisé par Sébastien Filosa.
Portrait de Jacques Villeglé réalisé par Valérie Villeglé.
Affiche faite par Fidji Odile
Défragmentation Jacques Villeglé, Joachim Romain, Quentin DMR
Dates : Mercredi 14 octobre 2026 - Samedi 14 novembre 2026
Vernissage : Vernissage Samedi, 17 octobre 2026 - 15:00
Adresse : Galerie Laurent Rigail, 40 rue volta, 75003 Paris
Galerie Laurent Rigail
40 rue volta
75003 Paris
France
Description, horaires...
Défragmenter, c’est déconstruire une image pour lui offrir une seconde vie.
Une affiche se déchire, un mur se recouvre, une image disparaît sous une autre. Pourtant, dans chaque fragment demeure la trace d’un temps, d’un lieu, d’un événement. « Défragmentation » réunit Jacques Villeglé, Joachim Romain et Quentin DMR autour de cette idée essentielle : transformer les vestiges du réel en nouvelles formes de mémoire.
Avec Villeglé, l’affiche arrachée devient dès les années 1950 une matière artistique. Prélevée dans la ville, soustraite à son caractère éphémère, elle devient une véritable archéologie du regard. La déchirure n’est plus une altération : elle devient écriture. Villeglé ne représente pas son époque, il la prélève.
Joachim Romain et Quentin DMR prolongent cette pensée en la confrontant aux images de leur propre temps. Chez Romain, l’affiche quitte le plan pour entrer dans le volume. Les fragments urbains, les signes publicitaires et les traces anonymes de la ville se soulèvent, se décollent du mur et deviennent sculpture. Le décor urbain devient matière de mémoire.
Chez Quentin DMR, la fragmentation devient un procédé de construction de l’image. Photographies, visages anonymes, fragments de corps et éléments naturels sont découpés, recomposés, confrontés. Ses personnages nous regardent autant que nous les regardons. Derrière leur apparente immobilité affleure une interrogation plus vaste sur notre époque, sur notre rapport aux autres et à une nature que nous ne cessons de transformer.
Trois artistes, trois générations, trois écritures, mais une même capacité à figer l’éphémère. La ville devient ici une matière première : elle produit des images, les superpose, les recouvre, les déchire et les oublie. L’artiste intervient dans ce flux pour en retenir quelques fragments et leur donner une autre temporalité.
L’exposition dessine ainsi une traversée de plusieurs décennies, où l’histoire de l’affiche rencontre celle de la photographie, de la sculpture et de l’image contemporaine. Plus qu’une filiation, elle révèle une permanence : celle d’un art qui ne crée pas nécessairement à partir de rien, mais à partir de ce qui existe déjà.
Défragmenter, c’est donc accepter la disparition pour rendre possible la recomposition. Détruire, reconstruire, réinventer. Naître, disparaître, renaître.
Et si, finalement, le fragment n’était pas ce qui reste d’une image, mais ce qui lui permet de recommencer ?