Bodies Never Lie Stan Douglas
Dates : Samedi 4 juillet 2026 - Dimanche 10 janvier 2027
Adresse : LUMA Arles, Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo, 13200 Arles
LUMA Arles
Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo
13200 Arles
France
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Description, horaires...
Photographe et cinéaste né à Vancouver en 1960, Stan Douglas transforme depuis plus de quarante ans ce que les médiums de l'image optique rendent possible.
Son œuvre reprend des événements historiques, des formes musicales et des récits culturels précis pour demander comment l'histoire se fabrique, se représente et se garde en mémoire. Avec une attention rare portée à l'image, au son, au montage et à la mise en scène, il produit des pièces où le passé n'est jamais refermé : il revient comme un champ de tensions non résolues qui continuent d'agir sur le présent.
Pour Bodies Never Lie, Stan Douglas a réalisé Exquisite Corpse, une installation vidéo multicanal inédite commandée par LUMA Arles, dont l'action se situe dans l'Espagne franquiste des années 1950. Les formes régionales du flamenco y étaient alors marginalisées, pendant que le régime s'employait à normaliser et à vendre le flamenco comme emblème culturel nationaliste. Comme la plupart des travaux de l'artiste, l'œuvre repose sur une mise en scène d'une précision extrême. Tournée au printemps 2026, elle met en scène trois sessions informelles de flamenco dans trois lieux distincts : les grottes de Beas de Guadix, des maisons d'ouvrier·ères des salines de Cabo de Gata, et un moulin à huile loué pour un mariage dans la province de Grenade. Placé au centre de l'exposition, le film est bâti en trois parties, à la manière du cadavre exquis cher aux surréalistes d'André Breton, où des contributions séparées engendrent des enchaînements imprévus, des rapprochements inattendus et des formes collectives.
Un ensemble d'œuvres cinématographiques et vidéo vient replacer cette commande dans son contexte. La vidéo à deux canaux Hors-champs (1992), présentée pour la première fois à la documenta IX de Kassel, filme des musicien·nes de free jazz à la manière de la télévision française des années 1960 : d'un côté de l'écran, un montage télévisuel soigné ; de l'autre, les images qui d'ordinaire restent invisibles. Dans les années 1960, le free jazz, qui congédiait harmonies conventionnelles, progressions d'accords et tempos réguliers, était étroitement lié aux mouvements de libération politique, à Paris notamment, où plusieurs figures noires américaines vivaient en exil volontaire. D'autres pièces prolongent ce contexte français : Vidéo (2007), tournée dans une banlieue parisienne, et Doppelgänger (2019), œuvre rétro-futuriste située en Guyane française et projetée sur un écran divisé en deux.
L'exposition montre également trois séries photographiques majeures de l'artiste : 2011 ≠ 1848 (2017-2021), Penn Station's Half Century (2021) et, plus récemment, The Enemy of All Mankind: Nine Scenes from John Gay's Polly (2024). Chacune s'empare de récits historiques et de bouleversements sociaux et politiques, de ces moments où l'ordre établi se fissure et où surgissent des réalités nouvelles et incertaines. Dans 2011 ≠ 1848, par exemple, Stan Douglas met face à face les manifestations, émeutes et occupations de 2011 et les révolutions bourgeoises qui ont traversé l'Europe en 1848, montrant avec un soin du détail méticuleux et une grande sophistication technique comment l'histoire se fait écho sans jamais se répéter.
Le titre de l'exposition reprend une phrase de la chorégraphe et danseuse américaine Agnes De Mille, nièce du cinéaste hollywoodien Cecil B. DeMille : l'expression la plus vraie d'un peuple se trouverait dans ses danses et sa musique, et les corps ne mentiraient jamais. Chez Stan Douglas, corps, sons et images se font les témoins de l'histoire et révèlent ce que les récits officiels laissent dans l'ombre.
Cette exposition s'inscrit dans le programme « Arles Associé » des Rencontres d'Arles. Présentée à La Mécanique Générale.
Ouvert tous les jours de 10h00 à 19h00.