Bernard Pras Bernard Pras
Dates : Samedi 19 septembre 2026 - Vendredi 18 décembre 2026
Adresse : Le Carré – Théâtre des Ursulines, 4 bis rue Horeau, 53200 Château-Gontier-sur-Mayenne
Le Carré – Théâtre des Ursulines
4 bis rue Horeau
53200 Château-Gontier-sur-Mayenne
France
Description, horaires...
Au cours de cette saison, le Carré convie la galerie encre & argile à montrer régulièrement, dans le hall du théâtre, des pièces des artistes qu'elle défend. Bernard Pras ouvre ce cycle.
Né en 1952 en Charente, Bernard Pras a étudié aux Beaux-Arts de Toulouse, où il s'est formé au dessin, à la peinture et à la gravure. On lui doit l'aquagravure, un procédé qui consiste à presser verticalement une pâte à papier pour obtenir des gaufrages et des reliefs marqués. Grâce à son accompagnement technique, des artistes comme Bengt Lindström, Bram Bogart ou Karel Appel s'en sont à leur tour emparés. C'est d'ailleurs cette pratique singulière qui, dans les années 1990, avait conduit le galeriste, alors éditeur d'estampes contemporaines, à prendre contact avec lui.
Depuis une vingtaine d'années, l'artiste s'est tourné vers une tout autre discipline : l'anamorphose. Fondée sur les règles de la perspective, explorée par Piero della Francesca, par Albrecht Dürer et sa « perspective secrète », ou par Hans Holbein dans Les Ambassadeurs – où un crâne n'apparaît qu'à condition de regarder la toile en biais depuis la gauche –, elle ne livre son image que depuis un point de vue unique. Elle peut prendre la forme d'un dessin, comme chez Léonard de Vinci, d'un tableau, ou se déployer en volume, à l'instar des installations de Georges Rousse ou des interventions de Felice Varini dans le paysage.
La force de Bernard Pras tient à l'emploi d'objets disparates, récupérés au fil du temps, qu'il entasse et agence avec une extrême précision dans un espace donné. Une fois réunis, ils composent une image parfaitement lisible : une sorte de collage-installation pensé dans les trois dimensions. La difficulté réside dans la justesse absolue de chaque placement, chaque objet dépendant de tous ceux qui l'entourent. L'artiste multiplie donc les essais et les variantes, faisant d'innombrables allers-retours entre l'installation et le viseur de son appareil. La photographie vient clore le processus et fixer l'œuvre, dont l'assemblage est parfois ensuite démonté.
Le résultat est saisissant dès lors qu'on en a saisi le principe. Avec cette manière bien à lui de « peindre avec des objets », Bernard Pras revisite l'histoire de l'art en rendant hommage aux grands maîtres – le Louis XIV de Hyacinthe Rigaud, Le Cri d'Edvard Munch – mais aussi à des figures de son temps issues de la culture pop (les Beatles), du cinéma (James Bond), de la gastronomie (Paul Bocuse) ou de l'actualité (un mendiant). Présent dans de nombreuses galeries à travers le monde ainsi que dans des musées et des collections publiques, il continue de réaliser régulièrement de nouvelles anamorphoses.
Exposition visible du 19 septembre au 1er novembre et du 25 novembre au 18 décembre, les soirs de spectacle et sur rendez-vous (02 43 09 21 67).