Ann Veronica Janssens Ann Veronica Janssens
Dates : Vendredi 21 mai 2027 - Dimanche 5 septembre 2027
Adresse : Musée d'arts de Nantes, 10 rue Georges-Clemenceau, 44000 Nantes
Musée d'arts de Nantes
10 rue Georges-Clemenceau
44000 Nantes
France
Tarifs
Description, horaires...
Depuis les années 1980, Ann Veronica Janssens construit une œuvre où lumière, couleur, reflets et transparences servent une expérience à la fois physique et mentale. Elle ne cherche pas à représenter le monde mais à en montrer l'instabilité, par des installations qui brouillent délibérément les repères d'espace, de temps et de vision. Ses œuvres sont des situations immersives où le visiteur devient l'acteur de ce qu'il perçoit — la perception étant, pour l'artiste belge, une expérience visuelle et spatiale indissociable de la lumière, changeante et subjective, tributaire de l'éclairage, du lieu et de la position du corps.
Verre, miroirs, aluminium, pigments, brouillard, air : ces matériaux simples lui servent à explorer les propriétés physiques de la lumière et de la couleur, et à produire des phénomènes plutôt que des objets. L'architecture y tient un rôle central ; loin d'être un simple support, elle devient partenaire de l'œuvre, mise en jeu par la lumière et par la présence des visiteurs.
Pour le Patio du musée d'Arts de Nantes, l'artiste conçoit une pièce inédite, la plus monumentale de sa carrière : une enveloppe translucide qui suit les arcades et retient un brouillard épais, traversé par la lumière du ciel. Depuis les coursives, on observe les lentes mutations colorées de cette matière impalpable — des teintes qui affleurent, se répandent puis s'évanouissent selon l'endroit où l'on se trouve et l'heure du jour.
Héritière des premiers brouillards de la fin des années 1990, l'installation en déplace le sens : le phénomène ne se contente plus d'occuper un volume, il dialogue avec l'architecture du Patio et en révèle les dimensions. Passé le seuil, l'expérience bascule. En se déplaçant, le visiteur voit les limites se dissoudre, les contours s'effacer, les distances devenir incertaines.
Devenues diffuses, les couleurs ne sont plus quelque chose que l'on regarde mais un milieu que l'on traverse. Les formes paraissent sur le point de se défaire, la lumière se fait matière, l'espace semble étrangement mobile. Brouillard, lumière et couleurs n'agissent plus que comme un seul phénomène, qui modifie les conditions mêmes de la perception et pousse le corps à réinventer son rapport à l'espace.
Une invitation à habiter autrement le Patio, au fil de la lumière et du mouvement.