Amanat, La Forêt sacrée Saodat Ismailova
Dates : Samedi 4 juillet 2026 - Dimanche 10 janvier 2027
Adresse : LUMA Arles, Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo, 13200 Arles
LUMA Arles
Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo
13200 Arles
France
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Description, horaires...
Amanat, La Forêt sacrée rassemble des œuvres récentes et plus anciennes de l'artiste et cinéaste ouzbèke Saodat Ismailova, autour d'un film tourné à Arslanbob, au sud du Kirghizistan, l'une des plus vastes forêts de noyers au monde.
Par le cinéma, l'installation, les archives et le son, Saodat Ismailova explore les histoires culturelles et spirituelles de l'Asie centrale, en puisant dans les mythes, les traditions orales, les rituels et les expériences vécues. L'exposition se déploie depuis Arslanbob, tenu à la fois pour un paysage vivant et pour un champ de récits, où écologies, croyances et mémoires ne se laissent pas démêler.
La forêt doit son nom à Arslanbob, un mystique qui, dit la légende, aurait erré deux cents ans durant avec un noyau de datte sous la langue. Une tradition locale veut qu'il l'ait finalement remis à un enfant de sept ans, lequel deviendra Ahmed Yasavi, l'un des grands mystiques de l'Asie centrale du XIIe siècle. C'est de cette graine que serait née la forêt tout entière. Les croyances du lieu prêtent d'ailleurs aux noix qui y poussent des propriétés hallucinogènes.
Le mot « amanat » vient de l'arabe « amānah », qui signifie confiance, et se retrouve en persan comme dans les langues turciques. Il désigne ici un héritage que l'on ne possède pas : on le détient un temps, avec charge de le protéger. Il dit ce passage fragile de la responsabilité entre les corps, les générations et les mondes.
Arslanbob est aujourd'hui tout à la fois terre sacrée, archive vivante, ressource économique et territoire disputé, façonné par la récolte des noix, l'exploitation forestière, le changement climatique et les revendications contradictoires de la préservation et de l'usage. Le travail d'Ismailova ne sépare pas la nature de la culture : il en montre l'entrelacement. Ses films naviguent entre documentaire, essai visuel et poésie, et abordent la forêt comme un seuil où se rejoignent le visible et l'invisible.
L'exposition met ces réflexions en lumière à travers des œuvres qui travaillent la rencontre des paysages physiques et mentaux. Swan Lake y propose une vision tourmentée et onirique, du côté de la perception hallucinogène que provoqueraient les noix de la forêt : le film y mêle des images du cinéma centrasiatique des décennies qui précèdent et suivent l'effondrement de l'Union soviétique à des archives de la télévision soviétique, dont des séances d'hypnose collective diffusées en 1989. Autant d'images d'un moment de profonde désorientation politique, où les certitudes idéologiques se défont. L'installation As We Fade transforme quant à elle une seconde de film en espace : vingt-quatre panneaux de soie suspendus font dialoguer des vues contemporaines de la montagne Sulaiman-Too avec des séquences de pèlerinage datées de 1929. The Haunted, enfin, suit le tigre de Turan, retraçant sa disparition des paysages centrasiatiques et sa survie spectrale dans les mémoires, les récits et les rêves.
L'ensemble forme une méditation sur la transmission et la disparition. Chez Ismailova, le cinéma, le son et la sculpture ne sont pas de simples moyens de représentation : ce sont des moments d'attention aiguë. Son travail laisse les lieux parler, les histoires persister et des mondes fragiles rester perceptibles.
Présentée aux Forges.
Ouvert tous les jours de 10h00 à 19h00.