La Presse au sujet de Guermaz
Très tôt, les journalistes et les critiques d’art ont parlé de Guermaz.
Ci-dessous les critiques dont le Cercle des amis de Guermaz a eu connaissance.
Eugène Cruck coupure de presse - L’Echo d’Oran, vers 1950
Guermaz
Guermaz, ancien élève de notre École des Beaux-arts, possède une base solide : deux dessins à la plume et à l’encre de chine, jeune homme et jeune femme allongés, révèlent déjà un trait sûr et élégant. Et comme cet artiste a un œil fin, qu’il est sensible, que son âme a encore conservé toute sa fraîcheur en présence de la nature, des personnes et des objets qui l’entourent, ses peintures et ses gouaches retiennent notre regard et le captivent par une spontanéité, une sincérité et une richesse de coloris de la meilleure qualité.
Michel Desclaux coupure de presse L’Echo d’Oran, 7 juin 1958
Guermaz, Peintre du silence
Silencieux, discret, fuyant le bruit et l’agitation, Guermaz est un peintre sérieux. Avec patience il
poursuit depuis plusieurs années une recherche originale, qui ne tolère aucune concession à la facilité,
au frivole, au goût du jour. [...]
Sa manière persuasive, son style fait de suggestions savantes et nuancées ne relèvent d’aucune école
à proprement parler. Il serait trop facile à son égard d’évoquer la sensibilité. Ce mot n’est qu’une
fausse clef. Guermaz exprime avec ses toiles et ses pinceaux un univers qui lui appartient dans
l’absolu.
Sa technique, son intelligence, sa culture contribuent à créer un faisceau de forces qui s’harmonisent
en une synthèse évolutive, perpétuellement dépassée, recomposée plus exactement sans que jamais
n’apparaisse la faille mortelle de l’improvisation.
L.R (Robert Martin) Oran - Fin 1958
Ce que l'on trouve dans les récentes toiles de Guermaz c'est, sur la base d'une solide construction, un harmonieux équilibre des couleurs, et, parant l'ensemble, une fraîcheur, une distinction qui le rendent fort séduisant.
De ce « Vase japonais », par exemple, on ne peut s'empêcher d'admirer la nette clarté faite des rapports heureusement combinés des blancs et des jaunes Le doux éclat des tons, la délicate luminosité du tout n'excluent pas ici la vigueur d'un pinceau qui se sent maître de son sujet.
Cette force et cette sensibilité nous les retrouvons dans les vues de plage, où le ciel et la mer poursuivent leurs joyeux répons, soit à travers la vitre ou la mousseline d'une fenêtre, soit en pleine nature, avec pour témoins la foule grouillante autour des parasols éclatants. Un « Bar » à la lumière diffuse, un café maure coloré comme il se doit, une blanche chapelle qu jaillit de la verdure, nous montrent dans leur facture un réel souci de diversité.
Les natures mortes, si vivantes par leurs fermes contours et la densité de leur éclat, nous prouvent les dons de coloriste de Guermaz, ainsi que son permanent effort dans l'équilibre des formes et des teintes, sans quoi il ne peut y avoir de véritable harmonie. Parfois, notre peintre s'essaie en des recherches qui aboutissent à des victoires sur la difficulté. Telle
cette nature inanimée noir sur noir, où la carafe se devine par un point lumineux du contour. C'est
habile et original.
Et par là, Guermaz se montre un artiste authentique qui bien que serrant la vérité de près, s'efforce de l'exprimer par des formes nouvelles.
Jean-Jacques Lévêque Préface de l’exposition «Six Peintres du Maghreb», Galerie Peintres du Monde. Paris, 1966
S’il fut un observateur attentif du monde, Guermaz a su progressivement se libérer du poids des choses, dépasser le jeu des formes, des apparences, pour recueillir ce qui est au cœur des choses, choisir l’esprit au concret. Mais ses œuvres n’en ont jamais pour autant perdu leur saveur, cette véracité qui fait le regard toujours complice des choses avec lesquelles il entre en «contact».
La République du Centre 11 février 1969 Orléans Un peintre-musicien et trois musiciens-peintres exposent, salle Péguy, du 8 au 16 février
Une rencontre singulière, imprévue et, au total, heureuse, va permettre au public orléanais, moyennant une visite de quelques minutes, salle Péguy, au cours de cette semaine, de pouvoir apprécier l'alliance harmonieuse de deux Arts : la peinture et la musique, et d'en conclure que l'Art en général, doit, avant tout, répondre aux exigences de notre temps, assumé, exprimé et situé.
Guermaz, peintre partagé entre la musique et la peinture, offre à notre vue 21 tableaux, appartenant presque tous à des collectionneurs qui les ont obligeamment prêtés à l'A.P.A.C. Mlle Rouault. Mme Ionesco, M. Gaumont). Dès l'entrée, ce, qui frappe, c'est l'unité fondamentale de ces toiles abstraites à l'exception du ravissant et maniéré « Bouquet de fleurs », d'une lumineuse et chatoyante « Plage méditerranéenne » et d'une « Broderie, semblable à une miniature diaprée.
Deux grandes constantes spirituelles et techniques semblent se dégager des autres œuvres de Guermaz. Les grandes compositions, où dominent les couleurs sombres, émaillées de quelques taches rouges ou bleues, évoquent un univers inquiétant, hostile, que surplombe, comme un signe d'espoir, un espace plus clair : est-ce pour signifier la montée douloureuse, mais tenace, de la vie obscure vers la lumière ? C'est le côté nocturne du peintre, auquel nous devons ici sept toiles pathétiques qui
expriment le prodigieux frémissement de la vie en proie aux forces du mal, -finalement vaincu, Elles paraîtraient neutres, avec leur palette volontairement assourdie le peintre déclarait, un jour : dès qu'un ton hurle, je l'amortis, si leur style dépouillé et leur composition modulée ne leur conféraient un caractère de rêverie fantastique.
La seconde orientation des recherches de Guermaz est plus frappante : elle est révélatrice d'un tempérament, ensemble musical et poétique, contemplatif et lyrique. Ce sont les petits tableaux qui traduisent cette tendance vers l'au-delà des formes : celles-ci sont de moins en moins perceptibles, tant le dépouillement voulu y atteint un rare degré d'intensité. La toile n'est plus qu'un tissu ordonné de blanc et de gris qui, pareils à des ondes, la font « chanter » et vibrer. De ci, de là, une mince sonorité
bleue ou rouge ou jaune vient renforcer ou prolonger la savoureuse musique. Ces fonds légers, diaphanes, bougent et palpitent sous nos yeux, dans une interférence symphonique de rayons impalpables. A force de regarder, l'orchestration du tableau apparait comme une suite de rapports cachés, subtils, entre les lignes, les traits et les couleurs. Jamais les correspondances entre musique et peinture ne sont apparues aussi évidentes. C'est le côté diurne de Guermaz, celui qui ne manquera pas de séduire les visiteurs par la fraîcheur et la distinction quien émanent.
Cette peinture secrète, fruit d'une vie intérieure maîtrisée, a le don de nous procurer le maximum d'émotion avec le minimum d'éléments techniques. Elle fait appel, par sa force décantée et sa perfection plastique, à une communion avec le meilleur de nous-mêmes. C'est une œuvre d'une haute spiritualité qui nous atteint au plus intime de notre être.
Les trois musiciens-peintres, Mme Lovano, MM. Munro et Roquin, ont tenu, dans le cadre des « Semaines Musicales d'Orléans », à manifester les liens profonds qui existent entre la musique et la peinture, rejoignant ainsi, sans l'avoir prémédité, les préoccupations de M. Guermaz.
Rêva Rémy (Source: à identifier), vers 1970
Quel recueillement, quel silence contemplatif dans les œuvres de Guermaz. Ses nouvelles toiles nous prouvent son cheminement intérieur, depuis les peintures aux ardences volontaires qui étaient un hymne à la réalité coutumière. A présent, l’artiste semble avoir pris de l’altitude avec ses chants aux sonorités blanches.
Alain Bosquet Le Figaro, 6 janvier 1976 - Galerie Entremonde. 50, rue Mazarine, Paris 6
Guermaz ou les douceurs de l’énigme
Il n'est pas difficile d'entrer dans une toile de Guermaz : on y est attiré par un fond très travaillé, tout
en transparences et de lumières indirectes comme si la matière, tantôt fluide, tantôt épaisse, possédait
mille pièges pour vous retenir. On est en présence de grandes étendues presque abstraites : paysages
de ciel ou de terre, dont le ciel a fui et dont la terre s'est volontairement -effacée.
Ose-t-on aller plus loin ? Ce n'est pas sûr. Quelque part, à distance, dans ces étendues infinies se
meuvent d'autres abstractions, sur une très petite échelle, de sorte qu'on dirait un peuple de petits
rectangles essaimés dans un grand rectangle, ou des taches minuscules comme des insectes s'affairant
dans une tache immense et cosmique. Alors, on s'immobilise, interdit : on se croyait invité, et voilà
qu'on ne sait plus où l'on se situe. Cette interrogation, cette énigme, ce voyage sur place ont des
douceurs indicibles. Pourquoi, à 58 ans, Guermaz est-il encore un peintre si distraitement accepté ?
Jean-Marie Dunoyer Le Monde, 17 janvier 1976 Galerie Entremonde. 50, rue Mazarine, Paris 6
Les Contemplations
[...]
Guermaz ouvre les portes du silence, un silence que souligne au lieu de le rompre la musique d'Olivier Messiaen, spécialement écrite pour cette exposition, qui la diffuse en permanence. Poète, Guermaz, qui se manifeste depuis un quart de siècle, peut être considéré comme un initié de l'ésotérisme, sa peinture dans une double démarche ne décrit pas seulement une ascension vers la sereine solitude (ainsi s'appelle une de ses grandes toiles) elle est elle-même cette pacifique conquête
du cosmos.
Guermaz a cependant beau se dire médium, la facture de ses tableaux révèle un artiste actif, pleinement conscient de ses moyens. L'épithète d'abstraites convient mal à des formes issues du réel.
Un réel peut-être recréé de toutes pièces : il importe peu que les contrées où il nous entraîne n'existent nulle part ailleurs que dans son esprit, puisqu'elles sont là sous nos yeux enchantés. Il n'a pas besoin d'intituler Paysage imaginaire telle composition pour que les ciels, les dunes et les autres éléments d'une nature tendrement raclée jusqu'à l'os donnent à la fois un sentiment de déjà vu et de jamais vu.
Ce « message » passe en entier parce qu'il est transcrit sur la toile préparée avec soin, avec une technique éprouvée, un art minutieux. Les étendues sableuses de Terre privilégiée captivent. On est séduit par les tons fondus, tabac, lie de vin, vivifiés par quelques notations plus tranchées du triptyque.
Au commencement, sorte de genèse inspirée, où toute l'expansion de l'univers part d'un foyer central, d'un « timbre sonore » comme dit l’artiste. Par contraste, la ténébreuse monochromie de Terres brunes vibre grâce à la lisière rouge brique qui arrête sa montée, l'irradiante lumière qui vers le centre apparaît comme en filigrane.
Alain Bosquet Préface de l’exposition Guermaz, Galerie Entremonde, Paris, janvier 1977
Le Mystère familier de Guermaz
Les peintres du mystère exigent une entrée payante dans ce mystère: des clefs, une conception bien calculée, des hantises, une échelle de valeurs. Les peintres de l’évidence, eux, se contentent de plier cette évidence à leur tempérament : elle reste une évidence ou si on préfère, un élément parfaitement articulé en dehors de l’œuvre. L’exceptionnel, chez Guermaz, est qu’il concilie mystère et évidence : il rend le mystère familier sans avoir à l’apprivoiser par la contrainte.
Jean-Marie Dunoyer Le Monde 15 janvier 1977 Galerie Entremonde, Paris, janvier 1977
Un réel créé de toutes pièces
Chez Guermaz on se retrouve dans le domaine de l'imaginaire. Un royaume pacifié, au contraire, qui vit loin de toute agitation au rythme de l'Univers. I1 y a juste un an, la précédente exposition de ce peintre à qui l'épithète d'initié convient mieux que celle de visionnaire, m'avait permis d'en louer les mérites. Pas de déception devant les fruits de la nouvelle récolte. Guermaz s'est acheminé vers un épurement plus poussé, une sobriété accrue dans l'emploi des couleurs, les roux, les bistres de ces outre-voyages, étagés ou non, où nulle présence humaine ne vient perturber les nappes de silence. A y regarder de près, le travail formel fait preuve d'une qualité picturale sur laquelle j'avais déjà insisté.
Qui va de pair avec les « préméditations » d'un cœur contemplatif. D'un artiste aux prises avec la matière et qui tient compte de ses exigences, qui exploite sa générosité. C'est flagrant dans ses encres : il a guetté les réactions sulfureuses qui créent ou ne créent pas la piste. Il y a une part de hasard comme dans la cuisson des émaux. Il arrive que des cercles cosmiques surgissent. Il en va de même dans les pastels rehaussés et les gravures pour lesquelles j'ai un faible.
Jeannine Warnod Le Figaro, 22 janvier 1977 Galerie Entremonde. 50 rue Mazarine, Paris 6
Guermaz
Est-ce en rêve ou dans la réalité que j’ai déjà vu les paysages de Guermaz? Cette falaise, ce désert ou cette plage ne sont peut-être pour le peintre qu’un ensemble de formes abstraites sans rapport avec le réel. Il faut donc tracer un chemin dans cette ambiguïté et je choisis la route qui mène à un monde inconnu où personne ne semble avoir pénétré. Il peut y faire très chaud ou très froid une lumière incandescente monte de la terre. Parfois un soleil pâle n’envoie aucun rayon. Est-ce du sable ou de la glace qui entoure cette cité imaginaire et inaccessible? Le voyage est sans fin : Guermaz nous offre l’évasion et le silence.
Jean-Marie Dunoyer Le Monde, 15-16 janvier 1978 Galerie Entremonde. 50, rue Mazarine, Paris 6
Transmutation des valeurs
Guermaz affine sa manière, la sensibilise à l’extrême. La contrée qu’il crée et modèle de toutes pièces, qu’il aménage pour son confort - si toutefois l’état contemplatif peut être, à un certain degré, conçu sans ascèse - formée de hautes falaises, de prairies, de nappes d’eau, secrète sa propre lumière : un cosmos de soleils intérieurs. Si Guermaz redouble de délicatesse lorsqu’il peint sur une sorte de mousseline incorporée au tableau, et y colle même des dentelles, l’architecture de ses paysages promus à la réalité est solidement équilibrée. Teintes pâles ou plutôt pacifiées, subtiles harmonies de gris bleutés, tout concourt à transporter le spectateur au royaume de la sérénité.
Michel Tapié Préface de l’exposition Guermaz, Galerie Entremonde, Paris, janvier 1978.
Au Peintre Guermaz, en amicale et artistique admiration
Guermaz a accédé aux enchantements et incantations esthético-artistiques par la voie d’inspirants paysages-éléments que, sur des surfaces à dominantes verticales de parallèles horizontales autonomes et en même temps éléments d’ensembles de recherche intentionnellement artistiques, il a maintenant trouvé : l’aventure essentielle, dans les propositions transcendantalement ambiguës de vides et pleins parallèles ; car c’est son espace qui est plein et ses structures abstraites venues des paysages qui sont les vides de contrepoint constructif par lesquels l’amateur d’art authentiquement digne de ce nom cherche et trouve ses enchantements esthétiques. Guermaz nous communique les rayonnements magico-artistiques à travers ses peintures qui ne sont rien d’autre et rien de moins que des «œuvres d’art» totalement essentielles, en quoi consiste bien, essentiellement, la création artistique.
Jean-Marie Dunoyer Le Monde, 21 janvier 1979 Galerie Entremonde. 50, rue Mazarine, Paris 6
Réalités de l’imaginaire
Les rives de la Seine gardent leur fonction promotrice. La peinture de Guermaz ne stagne pas. Sans doute l'artiste demeure le médiateur qui capte les forces cosmiques en des paysages imaginaires, étagés, fractionnés, subtilement nuancés, où tout est enchantement et incantation. Mais des tons plus vifs, des pointes de feu avivent les plus récentes. La Métamorphose éclaboussée éclate et me transporte. C'est de la grande peinture. En voici d'autres, aux masses plus fortement colorées et compactes. Et puis (est-ce le dernier avatar ?), des toiles et des aquarelles quasi monochromes, ocres tirant sur le marron, ponctuées, striées d'éclairs et de vibrations nouvelles qui témoignent d'une recherche ennemie du repos. Car la vraie contemplation n'est jamais oisive.
Jean-Marie Dunoyer Le Monde, 20-21 janvier 1980
Les anciens et les nouveaux
De Guermaz qui se produit, chaque année, on retiendra au premier chef une vaste toile qui s'appelle Blanc de volupté. A l'extrême pointe du dépouillement, sa quasi monochromie nacrée `recouvre une scrupuleuse structure interne et parvient à donner
un envahissant sentiment de plénitude - état auquel tend d'ailleurs la constante méditation de Guermaz. Ses titres nous éclairent là-dessus, qui n'ont pas été choisis au hasard : Vibrations thématiques, Montée vers l'abîme (aux couleurs plus vives)... et ces Deux Arbres de la sérénité, que protège la courbe fermée de l'œuf.
Roger Dadoun La Quinzaine littéraire, 1 au 15 février 1980
Guermaz
Peintre du Transfini (selon l’expression de Verdiglione), Guermaz, avec la virtuosité sereined’un Maître du Zen (ses toutes petites toiles sont des mandala!) trace ses sentiers de méditation sur d’immenses plages d’univers - Minutes de sable mémorial...
Fernande Angel « Aux cimaises parisiennes », s. l. février 1981
Guermaz nous offre un très bel ensemble de ses œuvres récentes (Pastels - Peintures - Aquarelles). L’imagination de cet artiste est des plus vives. Son œuvre reste néanmoins de réflexion et de rêverie.
Guermaz possède des moyens exceptionnels, ses compositions enchantent le regard, par la virtuosité du tracé des plans et la finesse des rapports de tons.
Sur de larges fonds pâles, il apporte une note vibrante par un essaim de petites taches de teintes vives, qui investissent très heureusement le décor. L’architecture de ses paysages démontre la solidité du perçu. L’une de ses œuvres a attiré particulièrement notre attention, car elle témoigne du grand talent de l’artiste. Il lui a donné nom «atmosphère».
Michel-Georges Bernard, Algérie Littérature/Action, Paris : n° 49-50, mars-avril 2001, MARSA Editions, p. 152.
Guermaz, voyage au pays de la lumière
Dépassant les apparences dont il refuse de se faire le reflet passif, ne se satisfaisant pas davantage de gesticulations narcissiques, évitant les pièges du plaisir décevant que procurent les seules harmonies décoratives, c’est dans une expérience spirituelle que son travail propose d’entrer. Les visions neuves qu’invente Guermaz comme autant de haltes au long de son Voyage au pays de la lumière conduisent à l’interrogation sensible de la réalité même du réel, engagent dans la quête la plus radicale de son irréductible « Il y a »
Pierre Rey Algérie Littérature/Action, Paris, n° 49-50, mars-avril 2001, MARSA Editions, p. 142-143.
Retrouver Guermaz
Si Guermaz a voulu donner un sens à son œuvre, que l’on perçoit dans ses premières manifestations et qu’il ne cesse d’approfondir, c’est en adoptant une position en léger retrait du monde pour mieux y assurer en définitive sa présence, une présence où le monde extérieur et le monde intérieur sont en communion.
Ainsi, dans ses premières œuvres figuratives, c’est en véritable poète qu’il transfigure la réalité. Lorsqu’un peu plus tard il adopte le vocabulaire de l’abstraction, il s’éloigne de la représentation du monde pour mieux être à son unisson. Parvenu à une véritable maturité, il puise son pouvoir créateur dans la méditation et reflète dans son œuvre la lumière qu’il perçoit au plus profond de lui-même.
Il semble avoir accompli tout le chemin qui l’éloigne du monde. Mais c’est à ce moment même qu’il prend conscience aussi d’y appartenir tout entier.
Lydia Harambourg La Gazette de l’Hôtel Drouot, n° 19, 16 mai 2003
Les mirages créés par Guermaz
Le voyage visionnaire auquel nous sommes conviés lève des pans cosmiques fortement écrits où se confrontent mer et dunes, désert et voûte céleste. Comme sous l’effet d’un mirage, les apparences démultiplient la lecture. La lumière est inductrice de sens. Sur des fonds amoureusement travaillés, la matière joue l’ambiguïté formelle. Onctueuse, dense, elle ménage des transparences où la couleur fluide dépose des parcelles diaphanes. Taxer cette peinture d’abstraite serait la réduire à un fait plastique. Guermaz est parvenu à inventer un langage formel servi par une palette raffinée en accord avec sa rêverie.
Son art est à l’unisson de la spiritualité qui lui faisait appréhender le monde par la contemplation intérieure.
Roger Dadoun, Cultures en mouvement, n° 58, 11 juin 2003
Guermaz l’Admirable
La peinture de Guermaz révèle un constant effort pour se dégager de la tyrannie des objets ; même dans sa période «réalité poétique», il tente, par l’éclat de la couleur, de secouer la contrainte des formes. La couleur elle-même est mise en question, récusée, elle s’abstrait, si l’on peut dire, de sa propre substance pour n’être plus que vibration, irradiation, aura - c’est le style incomparable de Guermaz. « Je suis le tableau, dit-il, et le tableau est mon rayonnement » : cette vision « illuministe »
émanant de l’être intime du peintre nous dicte, songeant au modèle mystique de Ruysbroeck, la juste formule : Guermaz l’Admirable.